Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Lettre ouverte

La pêche sportive est en danger alors que le gouvernement navigue en eaux troubles

durée 16h00
27 juin 2022
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Mickael Couillerot, Journaliste

En ce début de saison de la pêche, juxtaposée à la période préélectorale, la Coalition pour le maintien de la pisciculture Lac-des-Écorces interpelle une fois de plus le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) avec le même constat des plus troublants : le sous-financement des installations de la station piscicole menace la pêche sportive au Québec.

Alors que l’on pourrait penser que la pêche est une activité des plus naturelles et conforme au cours habituel des choses, elle est en réalité rendue possible par le résultat de plusieurs actions coordonnées et délibérées de plusieurs instances, dont l’alimentation des plans d’eau par les piscicultures. Or, cet état de fait semble complètement négligé par le ministère, qui refuse jusqu’à présent de s’asseoir avec les principaux sonneurs d’alarme pour discuter d’un financement adéquat qui ne découle que de la simple raison.

En exploitation depuis 1972, la station piscicole gouvernementale de Lac-des-Écorces est située à environ 10 kilomètres au sud de Mont-Laurier, à la décharge du lac des Écorces. Véritable joyau de la Municipalité de Lac-des-Écorces, la station piscicole gouvernementale est également un vecteur non négligeable de développement économique et régional.

Sa fonction principale est de produire des salmonidés indigènes pour l'ensemencement des lacs publics partout au Québec, que ce soit en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais ou encore, dans les Laurentides, répondant ainsi à certains besoins de conservation ou de soutien à la pêche identifiés par le MFFP – celui-là même qui refuse d’aborder le problème avec les acteurs du milieu rassemblés au sein de notre coalition.

En raison de sa grande production annuelle – d’environ 40 tonnes métriques de poissons (40 000 kg) – le risque imminent de fermeture de la pisciculture Lac-des-Écorces, par un déficit de financement public, viendrait menacer l’ensemencement dans les plans d’eau publics au Québec et ultimement, la pratique de la pêche sportive. Il va sans dire que cela engendrerait des conséquences économiques et touristiques directes pour plusieurs villes et villages québécois. Les retombées économiques de la pêche au Québec se chiffreraient dans les centaines de millions de dollars annuellement, selon une étude commandée par le MFFP pas plus tard qu’en 2020.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Dufour, a pourtant affirmé solennellement lors d’une visite à la pisciculture que le Québec avait besoin de ses trois stations piscicoles publiques. Dans le même ordre d’idées, Mme Chantale Jeannotte, députée de Labelle, s’était engagée publiquement à soutenir le maintien des opérations de la station
piscicole publique de Lac-des-Écorces.

Or, force est d’admettre que dans ces deux cas, les actions n’ont pas suivi les paroles, et quatre ans de laisser-aller se sont écoulés depuis.

Une chose est claire : le MFFP doit intervenir. Son refus inexplicable d’investir dans ses propres richesses naturelles – le Québec étant paysagé d’une quantité presque inégalée dans le monde de rivières et de lacs – nous fait craindre le pire, d’autant plus que son mandat stipule explicitement qu’il a « a l’obligation de les rendre (les territoires du Québec) accessibles au public à des fins d’éducation et pour la pratique d’activités de découverte et de plein air compatibles avec leur mission de protection ». La Fête de la pêche pour la relève en est un bel exemple.

La Coalition demande de surcroît aux cinq grands partis candidats aux prochaines élections de s’engager à tout mettre en œuvre pour que le prochain gouvernement réalise des actions concrètes et significatives en matière de développement régional, de relève de la pêche sportive et de maintien de la qualité de la pêche sur le territoire du Québec, notamment par l’attribution de fonds adéquats à la pisciculture Lac-des-Écorces.

Au Québec, une des composantes du nationalisme est le rapport des Québécois avec son territoire. Notre demande de préservation et de soutien aux stations piscicoles est exactement cohérente avec cette réalité.

Par M. Pierre Flamand, porte-parole de la Coalition pour le maintien de la pisciculture Lac-des-Écorces.

commentairesCommentaires

0

Pour partagez votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


11 août 2022

Les bioplastiques attirent des milliards de dollars en investissements

Au moment où la planète est de plus en plus troublée par l'impact négatif persistant sur l'environnement des plastiques fabriqués par les usines pétrochimiques, des entreprises investissent des milliards de dollars pour accélérer la production de plastiques à partir de produits naturels et renouvelables qui pourront être compostés en toute sécurité ...

11 août 2022

Les Canadiens tiennent plus à leur langue qu'à leurs autres identités

Un nouveau sondage révèle que plus de Canadiens déclarent un fort attachement à leur langue principale qu'à tout autre marqueur d'identité, y compris le pays en tant que tel. L'enquête menée par la firme Léger pour l'Association d'études canadiennes précise que 88 % des répondants ont déclaré un fort sentiment d'attachement à leur langue ...

10 août 2022

Interdiction de plastiques à usage unique: les fabricants contestent en cour fédérale

Plus d'une vingtaine de fabricants de produits en plastique demandent à la Cour fédérale de mettre fin au plan d'Ottawa visant à interdire plusieurs articles à usage unique, notamment les pailles, les ustensiles et les contenants en polystyrènede repas à emporter. Il s'agit de la deuxième contestation devant les tribunaux d'un regroupement de ...