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Marché immobilier

Royal LePage s’attend à ce que les prix des propriétés s’apprécient de 12,5 % lors du quatrième trimestre de 2022

durée 09h30
13 juillet 2022
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Temps de lecture   :  

7 minutes

Par Mickael Couillerot, Journaliste

D’après l’Étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché de Royal LePage publiée aujourd’hui, le prix des propriétés dans la région du Grand Montréal a continué d’augmenter au cours du deuxième trimestre de 2022, tandis que l’on a commencé à observer un ralentissement des ventes causé par les hausses successives des taux d’intérêt. 

Selon l’Étude, le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région a augmenté de 13,9 % d’une année sur, pour atteindre 585 700 $ au deuxième trimestre de 2022.

Durant la même période, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a quant à lui grimpé de 18,1 % d’une année sur l’autre pour atteindre 660 400 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a affiché une hausse de 11,7 % d’une année sur l’autre pour atteindre 452 500 $.

Les données relatives aux prix, qui comprennent à la fois celles des propriétés du marché de la revente et celles des nouvelles constructions, sont fournies par la société sœur de Royal LePage, RPS Solutions pour propriétés résidentielles, une société d’évaluation immobilière canadienne de premier plan. 

« On observe un changement de ton sur le marché immobilier, avec la hausse des taux d’intérêt comme principal facteur », confirme Marc Lefrançois, courtier immobilier agréé chez Royal LePage Tendance à Montréal. « Au fil des annonces d’augmentation du taux directeur de la Banque du Canada, avec la forte inflation en toile de fond, les acheteurs ont commencé à sérieusement réévaluer leur capacité financière, ce qui a eu comme effet de réduire leurs ardeurs et ralentir la demande de propriétés en juin. Les vendeurs, de leur côté, ne s’ajustent pas aussi rapidement et continuent pour l’instant d’entretenir des attentes très élevées concernant la valeur marchande de leur propriété. Concrètement, nous entrons dans un nouveau chapitre annonciateur d’une appréciation plus saine du prix des propriétés dans la région du Grand Montréal et dans la majorité des marchés du Québec pour le deuxième semestre de 2022 », prévoit M. Lefrançois.

Dans sa dernière mise à jour sur les prévisions du marché, Royal LePage anticipait que le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région du Grand Montréal terminerait l’année avec une hausse de 12,5 % au quatrième trimestre de 2022 comparativement à l’année précédente.

L’entreprise maintient ses prévisions, en s’appuyant sur une appréciation robuste en première moitié d’année, suivie d’un léger essoufflement du marché au cours des six derniers mois de 2022. Entretemps, les deux autres principaux centres urbains du pays ont vu leurs prévisions réduites de 16,5% à 3,0% et de 15,0% à 5,0%, respectivement pour les régions du Grand Toronto et du Grand Vancouver, tandis que l’assouplissement de la demande a donné lieu à une diminution des prix sur une base trimestrielle. 

À plus long terme, M. Lefrançois n’entrevoit pas que le léger affaiblissement de la demande perdure. L’immobilier demeure un bien essentiel et le Canada continue d’essuyer un déficit structurel de logements à la faveur d’une pression haussière sur les prix.

Selon lui, la conjoncture immobilière actuelle devrait être circonstancielle, bien qu’elle soit influencée par un vaste éventail de facteurs économiques difficiles à prédire. Le contexte de plein emploi et de tendance à la hausse des salaires devraient notamment amortir les effets plus négatifs sur le plan économique et immobilier, sans oublier l’épargne accumulée des ménages durant la pandémie qui continue de stimuler l’économie.

« Les offres multiples se font plus rares actuellement et les propriétés se vendent en quelques semaines, plutôt qu’en quelques jours comme c’était le cas au plus fort de la vague demande », fait remarquer M. Lefrançois. « La situation n’est pas alarmante et était prévisible puisque la vigueur du marché immobilier était devenue insoutenable. Les propriétés, à moins d’avoir besoin de rénovations majeures, se vendent encore bien, mais moins rapidement. »

Pendant ce temps dans l’Ouest de l’île

Dans l’Ouest de l’île de Montréal, le changement de comportement des acheteurs a été palpable  dès le mois de mai, dû aux hausses successives de taux d’intérêt et à une augmentation de propriétés à vendre sur le marché.

On a observé une hausse importante de transactions pour les catégories de propriétés sous la barre du million de dollars, tandis que les acheteurs ont accéléré leurs démarches d’achat afin de profiter des taux d’intérêt qu’ils avaient négociés avant la hausse et avant que ces ententes n’expirent.

« Avec des taux de financement à près de 5,5 % ces jours-ci, lesquels devraient augmenter encore, il y a des répercussions sur le budget des acheteurs », remarque Sean Broady, courtier immobilier agréé à l’agence Royal LePage Elite située à Beaconsfield. « L’incertitude sur le marché et des taux d’intérêt supérieurs ont freiné les ventes de propriétés de plus d’un million de dollars tandis que l’offre a commencé à dépasser la demande dans cette catégorie de prix. »

Selon le courtier, la Loi 96 contribue également à la mutation actuelle du marché montréalais, particulièrement dans les quartiers du West Island, lesquels sont composés d’une majorité de résidents d’expression anglaise.

« L’adoption de la Loi 96 a envoyé un signal d’alarme auprès de nombreux résidents de l’Ouest de l’île qui sont venus vivre au Québec pour y travailler ou dont les compétences en français sont limitées. L’industrie du jeu vidéo est un exemple parmi d’autres. Ce créneau emploie 11 000 travailleurs dans la région du Grand Montréal, ce qui représente une cohorte importante du marché du travail », explique M. Broady. « Au cours des dernières semaines, j’ai inscrit deux propriétés dans la région pour des propriétaires qui cherchent à quitter la province pour cette raison. »

Parmi les enjeux à surveiller prochainement, M. Lefrançois croit que des soubresauts du marché immobilier pourraient émerger principalement auprès des ménages s’étant endettés en faisant l’acquisition de résidences secondaires.

Certains membres de ce groupe ayant choisi un financement à taux entièrement variable, sans tenir compte de la hausse des taux d’intérêt pourraient être plus vulnérables et devoir remettre leur propriété sur le marché.

D’autre part, les bouleversements du marché boursier pourraient affecter les actifs de certains ménages qui entrevoyaient faire l’acquisition d’une propriété et les écarter du marché. Parallèlement, l’inventaire de propriétés a observé une tendance à la hausse qui devrait fournir plus de choix aux acheteurs, tout en contribuant à équilibrer l’offre et la demande. 

Marchés régionaux du Québec

Québec

À Québec, le prix de l’agrégat d’une propriété a augmenté de 11,0 % au deuxième trimestre de 2022, par rapport à la même période en 2021 pour atteindre 340 300 $. Lorsque ventilé par type de propriété, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a atteint 351 000 $, soit une hausse de 10,4 % comparativement au deuxième trimestre de 2021. Le prix médian d'un appartement en copropriété a pour sa part observé une hausse de 12,6 % d’une année sur l’autre pour atteindre 261 200 $.

« La hausse importante du prix médian ce trimestre dans le segment de la copropriété à Québec reflète un déplacement de la demande des acheteurs compte tenu du manque d’inventaire du côté de la maison unifamiliale », commente Michèle Fournier, vice-présidente chez Royal LePage Inter-Québec. « En ce qui concerne l’état général du marché immobilier, à mesure que les taux d’intérêt augmentent, on pourrait voir certains premiers acheteurs écartés du marché. La demande de propriétés pourrait diminuer légèrement, mais pas suffisamment pour avoir un impact important sur les prix », conclut-elle. 

Gatineau

À Gatineau, le prix de l’agrégat d’une propriété a augmenté de 18,6 % au deuxième trimestre de 2022, par rapport à la même période en 2021 pour atteindre 438 400 $. Lorsque ventilé par type de propriété, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a atteint 525 600 $, soit une hausse de 18,1 % comparativement au deuxième trimestre de 2021. Le prix médian d'un appartement en copropriété a pour sa part observé une hausse de 20,7 % d’une année sur l’autre pour atteindre 344 000 $.

Comme ailleurs dans la province, les hausses successives de taux d’intérêt ont affecté le marché immobilier de Gatineau au début de la saison estivale. 

« Les acheteurs de propriétés à Gatineau s’ajustent rapidement à la nouvelle réalité du marché et attendent que les opportunités refassent surface, alors que les vendeurs s’accrochent aux scénarios de surenchère qu’ils ont connus pendant deux ans et acceptent plus difficilement le compromis », indique Karine Séguin, courtier immobilier agréé chez Royal LePage Vallée de l’Outaouais. « En revanche, bien que la pression à la hausse sur les prix est appelée à s’estomper graduellement, je remarque une augmentation de promesses d’achat qui n’aboutissent pas faute de financement et plus d’acheteurs déposent des offres conditionnelles à la vente de leur maison actuelle, ce qui avait été presque complètement écarté au cours des deux dernières années. Cela évoque un changement de structure de marché dans la région, mais les prix demeureront élevés », conclut Mme Séguin. 

Sherbrooke

À Sherbrooke, le prix de l’agrégat d’une propriété a augmenté de 15,9 % au deuxième trimestre de 2022 comparativement à la même période en 2021, pour atteindre 332 600 $, tandis que le prix médian d’une maison unifamiliale détachée s’est apprécié de 14,6 % d’une année sur l’autre pour atteindre 353 000 $.

« La transition qui s’opère actuellement sur le marché 133.immobilier à Sherbrooke devrait donner lieu à de nouvelles opportunités pour les acheteurs, à mesure que l’inventaire augmente et que les vendeurs s’ajustent à la nouvelle réalité », croit Alain Laplante, courtier immobilier chez Royal LePage Évolution à Sherbrooke. « Je remarque par exemple une légère augmentation d’inventaire de propriétés au bord de l’eau. Au fil du temps, le déséquilibre entre l’offre et la demande s’estompera, quoique l’inventaire demeure encore faible dans la région pour le moment. »

Trois-Rivières

À Trois-Rivières, le prix de l’agrégat d’une propriété a augmenté de 22,2 % au deuxième trimestre de 2022 comparativement au deuxième trimestre de 2021, pour atteindre 311 100 $. Du côté des maisons unifamiliales, le prix médian s’est apprécié de 23,8 % pendant la même période pour atteindre 332 300 $.

« Le ralentissement du marché est palpable, mais on est loin de voir le marché s’effondrer », rassure Martin Leblanc, dirigeant-propriétaire chez Royal LePage Mauricie à Trois-Rivières. « On ressent encore une frénésie importante du côté des propriétés affichées sous les 300 000 $ dans la région. Pour la balance de 2022, les valeurs devraient se maintenir à des niveaux élevés, mais évoluer dans un taux d’appréciation plus sain. »

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