Démographie
La population du Québec n'a jamais cru autant depuis 50 ans, grâce à l'immigration
La population du Québec a connu en 2022 sa plus forte croissance annuelle des 50 dernières années, grâce à l'immigration. Mais cette croissance relative a été la moins élevée de toutes les provinces canadiennes, indique l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).
Le Bilan démographique du Québec pour 2022, publié mercredi, révèle qu'au 1er janvier dernier, la population du Québec était estimée à 8,8 millions de personnes, en hausse de 149 900 personnes au cours de l'année 2022.
Selon l'Institut de la statistique, cette reprise de la croissance démographique, après l'important ralentissement engendré par la pandémie de COVID-19, repose essentiellement sur une hausse marquée de l'immigration permanente et temporaire.
Car si l'immigration a augmenté, les naissances ont diminué et les décès ont connu «une hausse notable» au Québec en 2022. L'«accroissement naturel» chute ainsi «à un niveau particulièrement bas», note l'ISQ.
Au final, le taux d'accroissement du Québec s'établit à 1,7 %, comparativement à 3,0 % dans le reste du Canada. Le poids démographique du Québec dans l'ensemble de la fédération diminue ainsi de nouveau légèrement, passant de 22,4 % à 22,2 %, souligne l'ISQ.
Au chapitre de l'immigration, le Québec a accueilli 68 700immigrants permanents en 2022, «un sommet en partie alimenté par un rattrapage après la chute des admissions engendrée par la pandémie», indique l'Institut. Ce sont les résidents non permanents qui sont redevenus la principale source d'accroissement migratoire en 2022, comme ils l'avaient été en 2019, selon l'ISQ.
La forte croissance prépandémique des résidents non permanents (travailleurs temporaires, étudiants étrangers et demandeurs d'asile) avait été freinée en 2020 et 2021 à cause de la COVID-19, mais leur nombre estimé a augmenté de 86 700 en 2022, «un solde record» qui porte leur effectif total à environ 346 000 personnes.
Selon l'ISQ, le Québec est le lieu de résidence de 57 % des demandeurs d'asile présents au Canada, mais de 16 % des travailleurs temporaires et de seulement 12 % des étudiants étrangers. Par ailleurs, la part des immigrants permanents et temporaires qui résident hors de la région métropolitaine de Montréal tend à augmenter.
Le nombre de naissances a diminué de 5 % par rapport à 2021 et selon l'ISQ, il faut remonter en 2005 pour trouver un nombre plus bas. L'indice de fécondité s'établit maintenant à 1,49 enfant par femme, passant pour la première fois depuis 20 ans sous la barre de 1,5 enfant. L'âge moyen à la maternité continue d'augmenter au Québec, pour se situer à 31,1 ans.
À l'opposé, le nombre de décès a augmenté de 12 % en 2022, une «hausse exceptionnelle» qui peut être associée à différents facteurs, selon l'ISQ, dont la pandémie et la reprise de la circulation d'autres virus respiratoires.
Cette hausse vient gruger neuf mois à l'espérance de vie au Québec, qui était pourtant revenue en 2021 à son niveau prépandémique, après une année difficile de COVID-19. L'espérance de vie retrouve plutôt des niveaux de 2020, soit 84,1 ans chez les femmes et 80,5 ans chez les hommes.
La Presse Canadienne
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