Conférence de presse du Dr Luc Boileau
Dix cas de rougeole au Québec, la vaccination insuffisante inquiète la santé publique
Avec une dizaine de cas confirmés de rougeole, le Québec est l'épicentre de la transmission de ce virus au Canada. Le faible taux de vaccination dans la province inquiète les autorités de la santé publique, mais celles-ci assurent que des protocoles sont en place advenant une explosion des cas.
En conférence de presse à Montréal, lundi, le directeur national de santé publique, Dr Luc Boileau, a dit être préoccupé par la situation. Il souhaite miser sur la vaccination pour éviter une explosion du nombre de cas au Québec. Il rappelle par ailleurs que le vaccin est sécuritaire et offert gratuitement et qu'il s'agit du meilleur moyen de se protéger contre le virus.
La majorité des cas de rougeole se trouvent dans la région de Montréal, où les taux de vaccination contre ce virus sont les plus faibles, particulièrement dans les écoles primaires. Des taux aussi bas que 30 % ont été constatés dans certaines écoles, a fait savoir en conférence de presse la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique pour la région de Montréal.
La moyenne des taux de vaccination contre la rougeole dans les établissements scolaires de Montréal s'élève à 78,5 % pour les écoles primaires et 82 % pour les écoles secondaires.
«On est bien en deçà du 95 % pour assurer une immunité collective», a souligné Dre Drouin.
La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse. Un seul cas peut contaminer 16 personnes, a affirmé la pédiatre, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine, Dre Caroline Quach-Thanh. La rougeole peut entraîner des complications graves comme de la cécité, une inflammation du cerveau, une pneumonie, voire la mort dans certains cas.
Les principaux symptômes sont une fièvre importante, une toux, un écoulement nasal, des yeux rouges et un malaise généralisé, suivis de rougeurs au visage puis sur le corps, indique le ministère de la Santé.
Bien que dix cas rapportés pour l'ensemble de la province ne semblent pas alarmants à première vue, ce qui inquiète les autorités sanitaires est que l'on recense plusieurs cas de transmission locale et que la couverture vaccinale est insuffisante pour protéger les plus vulnérables.
Les autorités sanitaires s'attendent à ce que le nombre de cas grimpe au cours des prochaines semaines, mais il est difficile de mesurer l'ampleur de la hausse attendue, a indiqué Dre Drouin.
Pour chaque cas de rougeole déclaré au Québec, une enquête de santé publique est réalisée afin de déterminer l'origine de l'infection et d'identifier les personnes à risque d'avoir été exposées au virus de la rougeole.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne
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