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Sur leur réussite scolaire et leurs relations sociales

La présence d'écrans dans les chambres a des effets négatifs chez les ados

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1 avril 2024
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Par La Presse Canadienne

La présence d'écrans dans la chambre des adolescents a un impact négatif sur leur réussite scolaire et leurs relations sociales, selon une étude publiée par des chercheurs de l'Université de Montréal (UdeM). 

Pour en venir à cette conclusion, l'étude, publiée au mois de février dans la revue PSPMC, a étudié les données de 661 filles et 686 garçons âgés de 12 ans en 2010, et les données de ces mêmes jeunes à l'âge de 17 ans, en 2015. Les informations proviennent de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec. 

«Il y avait presque la moitié des répondants qui avaient un écran dans leur chambre. À ce moment-là, c’était plus des écrans fixes», précise Benoit Gauthier, candidat au doctorat en sciences humaines appliquées à l'UdeM, qui a réalisé l'étude. 

Et cette tendance est d'autant plus présente aujourd'hui, alors que les adolescents ont accès à des écrans mobiles, comme des téléphones cellulaires. M. Gauthier indique que des jeunes dès l'âge de 7 ans ont accès à un écran dans leur chambre, et donc, à un contenu illimité. 

«Dans le cas de notre étude, c'était un peu moins mauvais à cette époque-là, mais c'était déjà le début d'une tendance qui s'est exacerbée depuis», précise-t-il. 

«L’Internet, les jeux vidéo et tout, c’est un peu un Far West en ce moment. Il n’y a aucune limite ou presque qui est fixée à ça. La responsabilité incombe complètement aux parents, puis ils n’ont pas suffisamment d’informations pour pouvoir composer avec ça.»

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la présence d'un écran dans la chambre d'un adolescent peut avoir un impact sur sa réussite scolaire et ses relations avec les autres. Tout d'abord, on peut prendre en compte le temps déplacé. 

«Les écrans dans la chambre, ça implique un usage qui est non supervisé qui est plus sédentaire, qui est plus solitaire, qui est plus reclus», explique M. Gauthier. 

«Puis ça va induire un usage plus important, finalement. Cet usage plus important et moins supervisé, ça va se faire au profit du temps qui peut être investi dans les activités scolaires», tout comme du temps en dehors de chez soi pour effectuer des activités sociales, poursuit-il. 

En ce qui concerne les difficultés scolaires, l'étude observe une baisse des résultats scolaires ainsi qu'une augmentation du risque de décrochage en lien avec la présence d'un écran dans la chambre d'un jeune.

En deuxième lieu, lorsqu'un adolescent fait un usage non supervisé des écrans, il visionne un contenu différent que dans les lieux communs d'une maison, par exemple, ce qui peut se traduire avec une plus grande exposition à du contenu violent. 

«Ça a été démontré, il y a des liens avec une certaine désensibilisation et une propension à des comportements plus agressifs, moins de comportements prosociaux comme l’empathie, comme le souci de l’autre», détaille M. Gauthier. 

Le fait que les jeunes ont accès à des modèles idéalisés ou filtrés a aussi un impact sur leurs relations sociales. 

«Après ça, ils arrivent dans le monde réel, et ça ne correspond pas à ce à quoi ils sont exposés en ligne», explique le chercheur. Il indique que l'on peut prendre exemple sur le cas de la pornographie, surtout chez les garçons. 

«En ayant des écrans dans leur chambre, ils vont certainement avoir tendance à en regarder davantage, puis ça va affecter leur capacité d’intimité.»

Des pistes de solution

La dimension addictive des écrans et la pression mise par les pairs augmentent le défi pour les parents de contrôler l'accès aux écrans de leurs adolescents, souligne M. Gauthier. Toutefois, l'étude permet d'émettre certaines recommandations pour limiter leur impact négatif sur les jeunes. 

Le chercheur invite d'abord à sortir les écrans des chambres des adolescents. «Les écrans, au moins jusqu’à la fin de l’adolescence, ne devraient pas se retrouver dans les chambres, jamais», dit-il. 

Le fait d'autoriser les écrans que dans les espaces communs permet une meilleure régulation de leur usage, d'éviter le contenu inapproprié et d'ouvrir la discussion sur les éléments vus en ligne avec les autres membres de la famille. 

M. Gauthier indique aussi qu'il est bénéfique de créer des espaces et des moments de déconnexion. Par exemple, ne pas utiliser les écrans une heure avant le coucher, ou interdire le téléphone avant d'aller à l'école.

«Si un jeune est une demi-heure, une heure, sur son téléphone ou sur ses jeux vidéo avant d'aller à l'école, après ça, son cerveau n'est absolument pas disposé aux apprentissages. La même logique s'applique» avant le moment de faire les devoirs, explique M. Gauthier. 

Coralie Laplante, La Presse Canadienne

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