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Rapport de Coeur + AVC

Facteurs de risque de maladies du cœur et d'AVC: des tendances préoccupantes

durée 15h00
3 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Cœur + AVC publie mardi un nouveau rapport avec des données à jour sur les facteurs de risque modifiables de la population. Plusieurs indicateurs médicaux sont au rouge, notamment les cas d'hypertension, de diabète de type 2 et les taux élevés de cholestérol.

Le nombre de Canadiens atteints d'hypertension augmente chaque année depuis le début des années 2000. Selon les plus récentes données (2023), 8,2 millions de personnes ont reçu un diagnostic d'hypertension au cours de leur vie au Canada. L’hypertension est le principal facteur de risque d’AVC et contribue aussi au développement de maladies du cœur.

Plusieurs habitudes de vie peuvent influencer l’hypertension, comme une alimentation de faible qualité nutritionnelle, surtout les aliments élevés en sodium, la sédentarité et le tabagisme. Le risque d’hypertension augmente avec l’âge, mais plus cela se manifeste tôt dans la vie, plus le risque de maladies cardiovasculaires est grand.

«Si on vit longtemps, on a 40 % de chances de décéder de son cœur au Canada et ça, ça n'a pas vraiment changé depuis les derniers 50 ans. L'âge devient le facteur de risque principal pour tout le monde. Il faut mourir de quelque chose», résume en entrevue le Dr George Honos, cardiologue au CHUM et porte-parole de Cœur + AVC.

Il existe en effet des facteurs de risque sur lesquels les personnes n'ont pas de pouvoir, dont le sexe, l'âge, les antécédents familiaux et l'origine ethnique.

Par rapport aux facteurs de risque associés au mode de vie, le rapport met en lumière que la consommation de fruits et légumes est en baisse chez tous les groupes d'âge depuis dix ans.

D'autre part, l'activité physique joue un rôle important dans la prévention de l’hypertension et du cholestérol. Les directives canadiennes recommandent que les adultes pratiquent au moins 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine et que les enfants et les jeunes en fassent 60 minutes chaque jour. Or, seuls deux jeunes sur dix réussissent à respecter la recommandation, et chez les adultes, c'est moins de la moitié (46 %).

La responsabilité de tout un chacun

Néanmoins, grâce aux avancées médicales, le taux de mortalité liée aux maladies du cœur et à l’AVC a chuté de plus de 80 % au cours des sept dernières décennies.

«On a fait des progrès, mais en même temps, on a créé un problème avec l'embonpoint, l'obésité et le diabète. Il y a encore beaucoup de risques modifiables, tels que l'hypertension, qui affectent à peu près le tiers de la population adulte. C'est silencieux, il n'y a aucun symptôme associé», soulève le Dr Honos.

Il explique que le patient a la responsabilité de se prendre en main. Pour mesurer sa tension artérielle, il peut se rendre dans une pharmacie ou se doter d'un tensiomètre.

Le Dr Honos souligne qu'un Canadien sur quatre est affecté d'un cholestérol élevé qui pourrait être l'objet d'un traitement. «Encore une fois, il faut le mesurer. Et il faut le mesurer annuellement après l'âge de 40 ans. Dans un contexte où un grand nombre de citoyens n'ont pas de médecin de famille, le rôle du gouvernement est en train d'être reformulé. [Il doit] trouver des moyens pour que ces patients puissent au moins voir une infirmière praticienne spécialisée ou un médecin de famille une fois par année pour leur prise de sang, pour réviser un peu les facteurs de risque modifiables», plaide-t-il.

Cœur + AVC a par ailleurs lancé Vérif-Risques l'an dernier, un outil de dépistage en ligne pour comprendre ses facteurs de risque en matière de santé cardiaque.

L'organisme fait valoir que les gouvernements, les prestataires de soins et les individus eux-mêmes peuvent intervenir. Le rapport mentionne que le gouvernement pourrait imposer une taxe sur les boissons sucrées. Les professionnels de la santé peuvent parler à leurs patients des facteurs de risque modifiables et les conseiller. Le Dr Honos affirme toutefois qu'ils sont limités si le patient n'a pas une volonté de changement.

«L'individu doit se prendre en main. Et puis le médecin et les professionnels de la santé sont là pour l'accompagner, mais il faut que la personne soit motivée pour optimiser son risque», dit-il, en prenant l'exemple du tabagisme pour illustrer son propos. «C'est le plus difficile des facteurs de risque à modifier. On ne peut pas le faire pour le patient comme médecin et on ne peut pas non plus le faire chez quelqu'un qui n'est pas motivé de changer son habitude de vie. Une fois qu'il est prêt à passer l'action et veut cesser de fumer, là, on doit lui donner des ressources pour l'accompagner.»

Le Dr Honos rappelle que la lutte au tabagisme est l'un des domaines où il y a eu le plus de progrès. Au Canada, un adulte sur deux fumait la cigarette en 1965. Le taux de tabagisme chez les adultes est passé de 19 % en 2015 à 11 % en 2024.

«Maintenant, nuance le cardiologue, au Canada, il y a encore beaucoup de jeunes qui fument, surtout des jeunes qui vapotent. C'est un problème parce que le vapotage, ce n'est pas aussi néfaste que la cigarette, mais il y encore de la nicotine et sa dépendance. Les statistiques montrent qu'un bon nombre de ces jeunes vont devenir fumeurs à l'avenir. Ça, ça nous inquiète beaucoup.»

Le rapport indique que plus de six millions de Canadiens vivent avec une maladie du cœur ou les séquelles d’un AVC. Un décès sur cinq est dû à une maladie du cœur ou un AVC, ce qui équivaut à une vie perdue toutes les sept minutes.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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