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Près de 7 000 participants à l'étude

Le premier portrait de l'alimentation des Québécois a été publié

durée 13h00
19 mai 2026
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Par La Presse Canadienne

Après des années de travaux, le projet NutriQuébec a publié mardi le tout premier portrait de ce qu'on retrouve dans l'assiette des Québécois, un exercice qui permettra maintenant d'échafauder les stratégies nécessaires pour inciter la population à mieux s'alimenter.

Les données de ce portrait proviennent d’informations fournies par près de 7 000 participants ayant rapporté plus de 26 000 repas au cours des dernières années.

«Ça nous permet d'identifier les profils alimentaires qu'on observe d'une part dans la population, les sources de gras saturés et de sel de façon plus précise», a dit le chercheur responsable de NutriQuébec, le professeur Benoît Lamarche, qui a discuté du projet en primeur avec La Presse Canadienne.

«Ça va nous guider vers les recommandations qu'on peut faire, les nouvelles politiques qu'on peut mettre en place.»

Le professeur Lamarche, qui est également le directeur du Centre NUTRISS de l’Université Laval, admet d'emblée que le rapport ne contient pas de grandes surprises et qu'il correspond essentiellement à ce qu'on aurait pu imaginer.

«L'idée qu'on se fait d'une alimentation québécoise typique, finalement, c'est vraiment la réalité», a-t-il dit.

Il n'y a en effet rien de particulièrement étonnant à découvrir que les Québécois, au déjeuner, aiment bien leur pain grillé, leur beurre d'arachides et leurs bananes. Ou encore qu'au souper, des aliments jugés «pratiques», comme la pizza, ont la cote. La soupe, la salade jardinière et le fromage à pâte ferme se glissent entre les deux, sur l'heure du dîner.

En revanche, on ne soupçonne probablement pas que les pains contribuent chaque jour à notre alimentation presque autant de sodium que les assaisonnements, les condiments et les sauces, a souligné M. Lamarche.

«Pour dire qu'on va s'attaquer au sel, il faut savoir d'une part quel est le problème associé au sel dans l'alimentation, quels sont les aliments qui contribuent à cette surconsommation, a-t-il dit. Il faut mesurer. On ne peut pas se baser sur des données qui ont été collectées en France ou aux États-Unis. Il faut regarder ce qui se passe dans notre population, parce qu'on ne mange pas la même chose aux États-Unis ou en France qu'ici

Et maintenant que l'apport du pain a été identifié, poursuit le professeur Lamarche, «est-ce qu'on est capables de jouer sur le contenu en sel dans les pains pour diminuer l'apport populationnel du sel chez le consommateur?»

Collations, fruits et légumes

Les quatre aliments qui sont les plus consommés comme collations sont, dans l’ordre, la pomme, les croustilles, le fromage et la banane. Le fromage se distingue par ailleurs par sa présence récurrente à presque tous les repas, a-t-on indiqué.

Les oignons, les tomates et les carottes occupent les trois premières places des légumes les plus populaires. Le rapport souligne qu'on les retrouve dans plusieurs recettes; qu'ils peuvent être accessibles économiquement; et qu'ils ont une longue durée de conservation.

Les petits fruits (fraises, framboises, bleuets, mûres) arrivent en tête de liste des fruits les plus consommés, devant les bananes, les pommes et les raisins.

Les auteurs du rapport estiment que certains fruits fréquemment consommés doivent leur popularité à leur accessibilité toute l’année, frais ou congelés; à leur praticité; ainsi qu’au coût relativement faible pour certains.

Il est aussi intéressant de noter que les petits fruits et les pommes peuvent être produits localement.

«Donc ça veut dire que si on veut utiliser l'alimentation locale, faire la promotion des fruits qu'on fait pousser ici, il va y avoir une réponse favorable parce que c'est déjà ça qu'il y a dans l'assiette, ce n'est pas farfelu comme argumentaire», a analysé le professeur Lamarche.

Les fromages sont une autre source importante de sodium. Ils se démarquent également comme étant la principale source de gras saturés (25 %), très loin devant le beurre.

Les produits sucrés comme le sucre, la confiture, les bonbons, le chocolat, les muffins, les biscuits et les autres pâtisseries, ainsi que des boissons sucrées, y compris les jus de fruits, totalisent près des deux tiers des apports en sucres libres.

Respect des recommandations

Moins de deux adultes québécois sur dix consomment moins de 2300 milligrammes de sodium par jour, soit le seuil maximal recommandé par Santé Canada pour réduire le risque de maladies chroniques.

Il en va de même pour les gras saturés: moins de deux participants au projet sur dix consomment moins de 10 % de leur apport énergétique sous forme de gras saturés, conformément à la recommandation de Santé Canada visant à favoriser une bonne santé cardiovasculaire.

La situation n'est pas plus reluisante du côté des sucres libres, puisque le rapport révèle que 60 % des adultes consomment moins de 10 % de leur apport énergétique sous forme de sucres libres, soit le seuil maximal recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé pour réduire le risque de surpoids, d’obésité et de caries dentaires.

Enfin, seulement 36 % des adultes consomment au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, une proportion inférieure à la cible de la Politique gouvernementale de prévention en santé du Québec, qui vise à ce que plus de 50 % de la population atteigne ce seuil, peut-on lire dans le rapport.

«Les données montrent que plus de la moitié de l’apport total en sodium, en gras saturés et en sucres libres des participantes et participants de NutriQuébec est attribuable à un nombre restreint de catégories d’aliments», écrivent les auteurs.

Ces catégories d’aliments, poursuivent-ils, «contribuent de manière importante aux apports en sodium, en gras saturés et en sucres libres en raison de leur teneur élevée en ces nutriments, mais aussi de leur fréquence de consommation et des quantités consommées».

«Ces constats mettent en évidence l’importance de cibler en priorité certaines catégories d’aliments dans les actions visant à améliorer la qualité de l’alimentation», souligne le rapport.

Le nouveau rapport, a conclu le professeur Lamarche, viendra «nourrir la réflexion pour ne pas faire un mauvais choix de mots».

«Ça nous permet de dire, voici le profil alimentaire. Maintenant, comment peut-on développer des actions sur le terrain qui vont vraiment profiter à la santé des Québécois par l'alimentation?», a-t-il demandé.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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