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Selon la directrice générale et fondatrice de Tel-jeunes, Annie Papageorgiou

Tel-Jeunes demande au prochain gouvernement de prioriser davantage les adolescents

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10 août 2026
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Par La Presse Canadienne

À l’approche des élections provinciales et à l’aube de la rentrée scolaire, l’organisme d’aide de première ligne, Tel-jeunes, dresse le constat alarmant d’une jeunesse québécoise en détresse, mais qui ne parvient toutefois pas à demander de l’aide par crainte d’être incomprise. Cette détresse psychologique touche particulièrement les filles et les jeunes issus de la diversité sexuelle et de genre.

Alors que l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2022-2023 montrait que la proportion de jeunes affichant une santé mentale florissante ne cessait de diminuer depuis 2016, passant de 47 % à 37 % en 2022-2023, le récent sondage Léger commandé par Tel-jeunes montre que seuls 16 % d’entre eux demanderaient de l’aide.

Selon la directrice générale et fondatrice de Tel-jeunes, Annie Papageorgiou, la grande majorité des jeunes de 12 à 17 ans s’empêcherait de solliciter de l’aide par peur d’être jugée, d’inquiéter leurs proches, de déranger ou encore de ne pas être comprise.

«Normaliser un soutien empathique, bienveillant et sans jugement pour encourager les ados à parler de ce qu’ils vivent serait bénéfique, car on n’attendrait pas que ça devienne, trop lourd, trop complexe, et difficile à surmonter, dit-elle. C’est le moment où les jeunes développent leurs facteurs de protection qui vont les aider à avoir une santé mentale florissante tout en ayant confiance en soi et une meilleure connaissance de soi.»

Tel-jeunes demande aux prochains décideurs politiques de prioriser l’adolescence dans les politiques publiques. Il met également de l’avant la nécessité de développer un réseau québécois de pair-aidance afin de briser l’isolement et le sentiment de solitude que ressentent les jeunes.

L’organisme aimerait également obtenir le soutien du gouvernement pour mettre en place un «Rendez-vous national sur l’adolescence», qui réunira autour de la table des jeunes et des acteurs du milieu communautaire, institutionnel, jeunesse et scolaire.

«De privilégier notre jeunesse, c’est prendre soin du Québec en entier, assure Annie Papageorgiou. Dans la jeunesse québécoise, il y a des besoins qui sont différents à chaque étape.»

Les filles et les jeunes 2ELGBTQI+ plus vulnérables

Le sondage, mené au printemps 2026 auprès de 1200 adolescents québécois, montre que les filles présentent une vulnérabilité plus importante, avec plus du quart d’entre elles qui se disent insatisfaites de sa vie, mais aussi une détresse plus importante des ados 2ELGBTQI+, dont 43 % se disent «peu ou pas du tout satisfaits de (leur) vie».

Mme Papageorgiou décrit une situation «excessivement préoccupante» concernant la jeunesse trans et non binaire au Québec. Elle cite une étude menée en 2025 par la Chaire-Réseau de recherche sur la Jeunesse du Québec, qui montre que près de 90 % des jeunes trans et non binaires dépassent les seuils cliniques de dépression, et près de 72 % dépassent les seuils cliniques d’anxiété.

Pour la directrice générale de Tel-jeunes, les résultats du sondage reflètent la dure réalité à laquelle est confronté chaque jour son organisme.

«Les demandes d’aide (qu’on reçoit) sont de plus en plus lourdes et complexes», explique Mme Papageorgiou, tout en soulignant que la moitié d’entre elles sont en lien avec la santé mentale et qu’une demande d’aide sur cinq nécessite de faire une évaluation de risque suicidaire.

Son organisme a recensé l’an passé une hausse de 20 % des demandes d’aide qu’il reçoit, pour un total de 50 000 demandes d’aide venant d’adolescents.

«Le travail est de plus en plus compliqué sur nos lignes, et le taux d’appel est très élevé à certaines périodes de l’année», ajoute Mme Papageorgiou, en soulignant que l’approche de la rentrée scolaire suscite notamment plus de vulnérabilité chez les adolescents.

Pour ce qui est de la rentrée politique, elle espère que les dirigeants considéreront davantage l’adolescence comme une période charnière avec des besoins spécifiques, plutôt qu’une simple transition vers l’âge adulte.

Quentin Dufranne, La Presse Canadienne

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