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Championnats du monde de la FINA

Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey se poussent vers les hauts sommets grâce à leur amitié

durée 18h00
15 juin 2022
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Temps de lecture   :  

6 minutes

Par Mickael Couillerot, Journaliste

Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey ont quitté le Québec depuis maintenant un mois pour profiter d’une préparation maximale en vue des Championnats du monde de la FINA qui débutent ce samedi en natation.

Ce sera une première participation aux mondiaux depuis 2017 pour les deux Québécoises qui sont fébriles à l’idée de nager dans les piscines de Budapest, en Hongrie.

« Toutes les deux, nos derniers mondiaux étaient également présentés à Budapest, il y a cinq ans. Il y a eu beaucoup de hauts et de bas dans les dernières années, notamment juste avant les Jeux olympiques de Tokyo. On arrive ici avec beaucoup de confiance ; la saison dernière s’est extrêmement bien terminée et les essais se sont également bien déroulés. », s’est exprimé Katerine Savard.

« En 2017, c’était la première fois que j’étais membre de l’équipe senior, c’était vraiment mon éclosion ! Je voulais énormément participer à une épreuve individuelle aux mondiaux et c’est ce que j’ai réussi à faire cette fois-ci. Je vois de la progression et ça fait du bien. », a ajouté Mary-Sophie Harvey.

Dans un élan d’émotion, les athlètes, devenues meilleures amies au fil des années, ont avoué que l’autre a eu un énorme impact dans leur parcours sportif, particulièrement au cours des dernières années. Harvey, de sept ans la cadette de Savard, a d’ailleurs pu la prendre comme modèle au tout début de sa carrière.

« Elle a été un modèle pour toutes les nageuses de mon âge. Toutes les petites filles voulaient devenir des Katerine Savard ! On parle souvent de l’âge de Katerine, mais elle prouve chaque année que son âge ne l’a définit pas. C’est une athlète exemplaire et ça donne le goût de s’entraîner pour atteindre un jour ce niveau. », a lancé Harvey.

« Je n’aurais jamais réussi mon retour à la compétition après ma pause en 2018 sans Mary-Sophie. La façon dont on s’entraîne ensemble me pousse toujours à me dépasser. Je n’avais jamais eu une aussi bonne partenaire d’entraînement. On a sensiblement les mêmes rêves et ça m’aide tous les jours. », lui a répondu Savard.

Avec les Championnats du monde de la FINA, Mary-Sophie Harvey voit une opportunité de tourner la page, elle qui n’avait participé qu’à une course de relais aux Jeux olympiques de Tokyo, un moment difficile qui l’a finalement poussée à redoubler d’ardeur.

« J’ai eu beaucoup de difficulté à accepter mes Jeux de Tokyo. Je suis contente d’avoir réussi à aller aux Olympiques, mais je n’étais pas totalement satisfaite parce que j’y suis allée en me classant cinquième aux essais. D’avoir une nage individuelle aux Championnats mondiaux, ça me fait extrêmement de bien. », a remarqué Harvey, qui a évidemment en tête les Jeux de 2024 à Paris pour rassasier son rêve olympique.

Harvey aura d’ailleurs la tâche de briser la glace de ces Championnats du monde, elle qui nagera au 200 m quatre nages, la toute première épreuve à l’horaire le 18 juin prochain.

L’athlète de Trois-Rivières a pris beaucoup d’expérience depuis sa dernière participation aux mondiaux et elle souhaitera donc laisser sa marque dès le début de la compétition.

« La dernière fois, j’y étais pour de l’apprentissage. Cette fois, je crois pouvoir passer à la prochaine étape. Je vise une place en demi-finale et si tout se passe bien, j’aimerais participer à la finale. Il se passe tellement de choses en cinq ans. J’ai beaucoup évolué et je suis devenue plus mature, je me suis habituée à la pression des grands événements et je suis prête à faire un impact. », a-t-elle poursuivi.

Le plaisir contagieux de Katerine Savard

Si Mary-Sophie Harvey n’avait que 17 ans, en 2017, lors de sa dernière participation aux Championnats du monde de la FINA, Katerine Savard était déjà une vétérane aguerrie au sein de l’équipe canadienne.

N’empêche que pour elle aussi, les cinq années qui se sont écoulées depuis l’ont énormément transformée.

« Les années entre ces derniers Championnats du monde et les Jeux de Tokyo ont été extrêmement difficiles. Après avoir raté la qualification pour le 100 m papillon pour Rio, j’avais un énorme blocage, j’avais peur de refaire cette distance. C’est revenu par magie avant Tokyo et c’est pour le mieux. », s’est exprimé Savard.

La nageuse de Pont-Rouge a également soulevé une statistique intéressante qui démontre bien qu’elle est de retour au sommet de son art depuis les Jeux olympiques de Tokyo.

Dans ses 15 meilleurs temps au 100 m papillon, 13 ont été réalisés avant 2015 alors que les 2 autres résultats datent de la dernière année.

« Il y a eu un gros cinq ans où j’ai disparu de la map, où tout était difficile au papillon. Mon amour pour le 100 m papillon est revenu depuis et je suis contente d’avoir retrouvé le feu sacré pour cette discipline. Mon record personnel au 100 m papillon date d’ailleurs de 2014 et je pense qu’il serait grand temps que j’efface cette marque. Selon les temps que j’ai réalisés dans les dernières années, j’ai l’impression que c’est tout à faire réalisable ici, à Budapest. », a-t-elle ajouté.

L’année 2021 a été extrêmement importante pour l’athlète de 29 ans qui affirmait avoir retrouvé le plaisir de nager, notamment en raison des Jeux olympiques, mais aussi grâce aux Championnats du monde de la FINA en petit bassin qui se sont déroulés au mois de décembre. Katerine Savard ne se souviendra pas de 2021 comme une année de pandémie, mais plutôt comme une année qui lui a permis de rêver à nouveau.

« J’ai retrouvé des objectifs en 2021, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Je ressens du bonheur à pratiquer mon sport et à m’entraîner. Le plaisir est bien au rendez-vous. Je suis heureuse d’être encore membre de l’équipe nationale et je suis fière de moi. », s’est-elle exprimé.

En plus du 100 m papillon, Katerine Savard devrait prendre part à l’épreuve du 50 m papillon à Budapest qui sera disputé le 23 juin.

Une amitié qui dépasse le cadre du sport

La pandémie a eu un effet extrêmement bénéfique pour Savard et Harvey qui ont su développer une amitié hors du commun durant cette période. Les deux athlètes s’entraînaient ensemble et passaient la majorité de leur temps en compagnie de l’autre. Une relation d’amitié qu’elles ne vivront assurément jamais avec personne d’autre.

« On se connait depuis très longtemps, mais la pandémie nous a rapprochées beaucoup. On était souvent les deux seules dans la piscine et on s’entraînait pour la même épreuve en vue des Jeux olympiques donc on s’est souvent poussées à se dépasser. Depuis ce temps-là, on est tout le temps ensemble. », a expliqué d’emblée Savard.

Une belle preuve de leur amitié est survenue lors des essais canadiens avant les Jeux de Tokyo. Mary-Sophie Harvey venait tout juste de rater sa qualification pour le 100 m dos. Ses larmes de tristesse se sont rapidement transformées en larmes de joie lorsque son amie a réussi, de son côté, à se qualifier pour le 100 m papillon.

« Je venais de finir mon 100 m dos, j’étais tellement triste d’avoir raté ma chance, mais ma première pensée a été de garantir à notre entraîneur que Katerine allait se classer pour le 100 m papillon et elle a réussi ! J’étais tellement fière. On s’est croisé quelques instants après sa course et on s’est toutes les deux mises à pleurer. », raconte Harvey.

Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey espèrent avoir la chance de participer à un relais ensemble aux Championnats du monde, la décision reviendra aux entraîneurs de l’équipe nationale. Même après de nombreux mois passés ensemble, les deux nageuses, qui sont évidemment co-chambreuses à Budapest, ne semblent pas vouloir se séparer pour autant. Elles ont même prévu prendre des vacances ensemble après la présentation des Jeux du Commonwealth au début du mois d’août.

« Les Jeux du Commonwealth seront extrêmement relevés et on a beaucoup d’attentes envers cet événement-là. Pour nos vacances, notre entraîneur nous demande parfois si on a envie d’être séparées de temps en temps et on répond toujours que non ! On a les mêmes goûts en termes de voyage en plus, on s’entend donc super bien là-dessus aussi. », a conclu Savard.

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