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23 novembre 2020 - 11:00

Règlement de contrôle intérimaire

Le CRE demande la protection de 96% des milieux humides du territoire lavallois

Par Salle des nouvelles

Le Règlement de contrôle intérimaire adopté par la  Ville  de  Laval  à  l’été  2020  prévoit  la  conservation  de  67%  de  la  superficie  des  milieux  humides  connus  sur l’île  Jésus et  celles qui l’environnent.

Pour le  Conseil régional de l’environnement (CRE)  de  Laval, c’est  un  pas  dans  la  bonne  direction,  mais  il  estime  que  ce  sont  plutôt  96%  des  milieux  humides  qui  possèdent  une  valeur  écologique justifiant leur conservation. 

Le  CRE  de  Laval fonde  cette affirmation  sur  son étude détaillée  des milieux  humides lavallois. Son mémoire,  intitulé Le  grand  intérêt  des  derniers  milieux  humides  de  Laval,  recense les  plus  importants milieux  humides  qui  n’ont  pas  été  inclus  au  RCI. 

L'organisme invite ainsi  la  Ville  à  considérer la protection des 461 hectares de milieux humides supplémentaires présentés dans ce  mémoire, en  particulier  le  long  des  ruisseaux et  dans  certaines  Zones  d’aménagement écologique  particulières (ZAEP) où aucun milieu humide n’est conservé. 

Ce  mémoire est  déposé  dans  le  cadre  des  consultations  menées  par  la  Ville  sur  son  RCI,  qui  représente  l’étape  préalable  à  l’adoption  de  son  Plan  régional  des  milieux  humides  et  hydriques  (PRMHH).

Ce plan, prévu pour 2022, doit présenter une stratégie de mise en œuvre pour assurer la  conservation des milieux humides et hydriques, comprenant un plan d’action et des mesures de suivi  pour l’intendance de ces habitats, et sera arrimé au Schéma d’aménagement et de développement  révisé. 

Des milieux d’importance oubliés 
Alors  que  Laval  a  déjà  perdu  plus  de  700  hectares  de milieux  humides  au  cours  des  30  dernières  années  et  que  la  planète  fait  face  aux  crises  simultanées  de  la  perte  de  biodiversité,  des  changements  climatiques et  des  inondations,  il  est  étonnant  de  constater  que  534  hectares  de  milieux  humides  sont  considérés  par  la  Ville  de  Laval  comme  possédant  une  trop  faible  valeur  écologique pour justifier qu’on leur attribue un statut de protection en vertu du RCI et du Schéma  d’aménagement. 

En brossant un portrait détaillé des milieux humides oubliés par le RCI, dans le but de faire valoir leur  potentiel de conservation, le CRE de Laval a dénoté plusieurs lacunes dans la méthodologie utilisée  par  la  Ville,  notamment  une  surévaluation  de  la  superficie  nécessaire  à  l’obtention  d’une  note parfaite,  de  même  que  l’absence  de  données  sur  la  diversité  floristique  des  milieux  humides. 

Ce  dernier  point est déconcertant,  compte  tenu  du  fait  que le  CRE  de  Laval  s’affaire  depuis  plusieurs  années  à  inventorier  la  flore  des  milieux  humides  partout  sur  l’île  Jésus  pour  le  compte  de  la  municipalité.  La  révision  des  critères  inclus  dans  la  grille  d’évaluation  des milieux  humides  devrait  prendre en compte les modifications suggérées. 

Pour une vision d’ensemble 
Le  CRE  de  Laval  invite la  Ville  de  Laval,  qui est  la  première au Québec à  se  doter  d’un  RCI  sur  les  milieux humides, à poursuivre  sa démarche inspirante pour les autres municipalités en dotant  son  futur  PRMHH  de  cadres  de  gestion  assurant  une  forme  d’intendance  sur  l’ensemble  des  milieux  humides de son territoire.

Les milieux humides soumis au développement immobilier, ceux situés en  terres  privées  ou  en  zone  agricole,  ceux  nécessitant  une  restauration,  ou  encore  les  bassins  de  rétention  sont  autant  de  types  de  milieux  humides  qui  requièrent  un  cadre  de  gestion  si  l’on  souhaite pérenniser et bonifier leurs fonctions écologiques. 

Outre la préservation de la biodiversité, les services écosystémiques que les milieux humides nous  rendent  vont  de  l’approvisionnement en eau  de  qualité aux  bienfaits  sur  la  santé  des  populations  humaines  et  ont  une  valeur  inestimable  qui  a  longtemps  été  occultée  par  les  impératifs  du  développement.

Les gouvernements de  tous les paliers ont aujourd’hui le devoir moral d’agir pour  assurer l’intégrité de ces écosystèmes au bénéfice de la population et de la biodiversité.  

L’ajout  de  ces  461  hectares  de milieux  humides au  RCI, au PRMHH et au  schéma  d’aménagement  permettrait  à  la  Ville  de  Laval  de  tendre  vers  un  minimum  de  17  %  de  sa  superficie  en  aires  protégées.

Le  CRE  de  Laval  offre  à  nouveau  sa  collaboration  à  la  Ville  pour  l’élaboration  de  plans  d’action qui incarneraient la vision stratégique « Urbaine de nature » qu’elle s’est donnée. 

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