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29 juillet 2018 - 09:00

Une suggestion surprenante du premier ministre Couillard

Remplacer la SAQ par le modèle français au Québec ?

Par Jérôme Blanchet-Gravel, Journaliste

Le 20 juillet dernier, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé qu’il ouvrirait la porte à une certaine concurrence dans le marché des vins et spiritueux au Québec. Une nouvelle qui étonne, mais qui s’inscrit pourtant dans l’air du temps, tellement l'existence même de la SAQ semble remise en question. La récente grève des employés de la société d'État a aussi contribué à nourrir le débat.

En mai dernier, rappelons que le gouvernement libéral avait commandé une étude pour déterminer quel pourrait être le modèle d'affaires le plus efficace pour la SAQ. Le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait affirmé que toutes les options seraient examinées, dont la privatisation complète ou partielle de la SAQ. Récemment, Couillard prenait toutefois bien soin de ne pas employer le mot privatisation lors de ses interventions publiques.

Le premier ministre ouvre maintenant la porte à l’établissement du modèle français au Québec. La semaine dernière, c’est du moins ce qu’il a affirmé en conférence de presse en marge d'un événement au Nouveau-Brunswick. Mais quel est ce modèle français auquel le premier ministre fait référence ? EnBeauce.com vous donne ici la réponse.

Vers l’établissement du modèle français au Québec ?

La proposition de Couillard est lourde de sens, car en France, il n’existe aucune société d’État chargée de vendre les produits alcooliques. Aucun type de monopole n’existe en France en la matière. Dans l’Hexagone, il existe plutôt une multitude de « petits » commerces dont la mission est de vendre du vin aux particuliers. L’établissement du régime français au Québec aurait donc, en théorie, pour conséquence d’abolir la SAQ.

Ce détail semble avoir échappé à notre premier ministre car selon lui, de tels commerces ne menaceraient pas la SAQ et ne mèneraient pas à sa privatisation. Selon Couillard, l’avantage de ce type de concurrence serait de laisser les gens libres d’acheter leurs produits au privé ou de conserver leurs habitudes de consommation à la SAQ. Vraiment..? 

Les trois types de commerces de vins et spiritueux en France

En fait, trois types de commerces alimentent la population en vins et spiritueux en France.

1. Premièrement, il y a les chaînes telles que Nicolas qui opèrent sur tout le territoire. Les commerces qui distribuent les produits de leurs grands catalogues sont relativement petits en comparaison avec les succursales de la SAQ, mais il n’en demeure pas moins que leur poids économique est loin d’être négligeable. En 2017, le chiffre d’affaires de la société Nicolas était environ de 240 millions d’euros (€­).

2. Deuxièmement, il y a les marchands de vin indépendants. Ce sont des petits commerçants qui sélectionnent leurs produits de manière plus personnalisée. Ce sont souvent de fins connaisseurs qui font directement affaire avec des producteurs qu’ils connaissent. Vous trouverez ces petits commerces un peu partout en France, de Toulouse à Paris en passant par Lyon. Pour les amateurs de vin, ces boutiques authentiques sont des vraies petites cavernes d’Alibaba. Plaisir assuré !

3. Troisièmement, il y a les grandes et moins grandes épiceries. En France, les épiceries sont libres de vendre les vins et spiritueux qu’elles désirent, contrairement aux épiceries québécoises obligées de se limiter à la vente de produits de sous-catégorie. Chez nos cousins, les grandes surfaces ont souvent un choix impressionnant. En termes de volumes de vente, c’est certainement le type de commerce qui pourrait le mieux rivaliser avec la SAQ, du moins, si une telle société existait en France.

Maintenant, il reste à savoir si le premier ministre Couillard souhaite réellement implanter ce modèle dans la Belle Province. Et à déterminer si les Québécois en veulent aussi vraiment.

 

 

 

 

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