La troupe Les Bons Diables exporte la gigue québécoise
Avec ses costumes aux couleurs éclatantes et au style rappelant le passé rural des Québécois, la troupe de danse folklorique Les Bons Diables tente de réintroduire la gigue québécoise.
Fondé en 1996 sous la direction Lise Maillet, la troupe Les Bons Diables était une entreprise quasi familiale, née de la passion pour la gigue québécoise. Un art que, selon la direction, les Québécois méconnaissaient en dépit de son importante signification culturelle.
«La gigue québécoise est un type de danse traditionnelle, pratiquée nulle part ailleurs au Canada, avec des racines irlandaises, a raconté Jean-Philippe Lortie, directeur général et directeur artistique de la troupe. C’est un type de danse percussif, semblable à la claquette, mais axé autour de la musicalité du son produit et moins codifié que la gigue irlandaise.»
Tout en voulant créer une représentation juste de la culture folklorique locale, le directeur artistique a tout de même fait quelques ajustements afin de démocratiser cette danse unique. Ainsi, le traditionnel set carré du Lac-Saint-Jean ou le cotillon du Saguenay ont été délaissés afin de créer une performance «plus chorégraphiée».
«Les gens qui ne s’y connaissent pas reconnaîtront certainement le folklore québécois, a expliqué M. Lortie. Nous avons pris ces chorégraphies-là et les avons explorés de la manière la plus impressionnante possible.»
Fureur en Europe
Contre toute attente, ce ne sont pas les résidents du Québec qui sont les plus gourmands de gigue québécoise, mais plutôt les Européens.
«Le domaine du folklore à l’étranger est énorme, même gigantesque, dit le directeur artistique. Pour l’illustrer, il y a deux festivals de folklore au Québec [par année], mais, par exemple, en Belgique, pays beaucoup plus petit, il y en a plus d’une centaine. Donc, la demande pour aller à l’étranger est extrêmement grande pour nous.»
La popularité du groupe est telle que le Conseil international des organisations de festivals de folklore et d'arts traditionnels (CIOFF), organisme international reconnu comme chef de file en la matière, cote officiellement Les Bons Diables comme une des meilleures troupes de danse folklorique.
Cette reconnaissance mène à une demande accrue de prestations. La troupe a, par exemple, effectué une tournée estivale en 2012 comportant 23 représentations en 18 jours.
Jeunesse attirée
Présentant une production haute en couleur, il n’est pas surprenant d’apprendre que les Bons Diables sont friands de spectacles extérieurs. Mais ces événements servent aussi aux efforts de recrutement de l’école de danse de la troupe, qui accueille des jeunes à partir de l’âge de quatre ans.
«À travers les années, nous avons réalisé que lors de nos activités extérieures, telles que les spectacles en public et les festivals, les spectateurs accrochent instantanément, a raconté M. Lortie.
C’est en voyant nos représentations que les jeunes viennent nous voir avec leurs parents pour savoir comment ils peuvent se joindre à nous […] Nous avons des danseurs âgés de 28 ans qui sont avec nous depuis l’âge de quatre ans.»
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