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L’église Notre-Dame-de-la-Présentation ouvrira ses portes aux visiteurs

La restauration des œuvres d’Osias Leduc est terminée

durée 12h00
5 février 2022
Yves Therrien
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Temps de lecture :

3 minutes

Par Yves Therrien, Journaliste

L’artiste Hélène Lafontaine, de Shawinigan, vient de terminer trois semaines de travaux de restauration de certaines parties des œuvres d’Osias Leduc sur des murs en plâtre, dans l’église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan. Il s’agissait d’un quatrième chantier depuis le milieu des années 2000.

Les peintures et les fresques d’Osias Leduc, personnage reconnu comme l’un des plus grands peintres de l’art religieux, ont été réalisées à la fin de sa vie entre 1942 et 1955. Au fil des ans, et de certains travaux de structure, le temps a fait son œuvre. De l’humidité excessive, de la condensation et des infiltrations d’eau ont abîmé le plâtre des murs qui décollait à certains endroits.

Il fallait restaurer ces œuvres uniques, puisque l’église est inscrite au patrimoine religieux du Québec en plus d’être reconnue comme lieu historique du Canada.

Dès le premier chantier, avant de pouvoir donner un coup de pinceau, Mme Lafontaine a fait des croquis des motifs et un relevé des empreintes des sections à restaurer avant que les ouvriers, plâtrier et autres corps de métiers terminent les réparations.

Croquis et canevas

Les croquis, c’est essentiel, mais encore plus importante est la charte des couleurs. « Il fallait tenir compte de plusieurs facteurs, souligne Mme Lafontaine. La peinture de base de l’église est ocre beige. Les œuvres d’Osias Leduc ont été peintes par-dessus. Certaines sections étaient plus usées que d’autres selon leur exposition à la lumière ou plus salies comme dans le hall d’entrée. Je devais donc arrimer les couleurs et tenir compte du vieillissement. »

L’autre problème de taille concernait la peinture. À l’époque de la création des œuvres, l’artiste Leduc utilisait des peintures mates à base d’huile. Ce type de peinture n’existe pratiquement plus sur le marché où l’on trouve des produits à base d’eau ou d’alkyde. « Je devais trouver un médium qui pourrait adhérer à la peinture existante, continue Mme Lafontaine. Et fabriquer des mélanges de couleurs mattes alliant la couleur de fond et les œuvres qui la couvraient de manière à créer un effet vieilli. »

La subtilité des couleurs

Comme il s’agit de sa quatrième intervention dans l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, Hélène Lafontaine, elle a conservé sa palette de couleurs au fil des interventions. Son expérience d’artiste fait en sorte qu’elle ne partait pas de zéro chaque fois. « J’ai une bonne connaissance des subtilités des couleurs, précise-t-elle. J’ai fait des tests et des ajustements au fur et à mesure en modifiant mes recettes pour obtenir le résultat idéal. »

Cependant, elle n’a pas touché aux fresques sur jute dans l’église. C’est un travail pour des restaurateurs très spécialisés d’autant plus que ces œuvres font partie du patrimoine religieux, il n’y a pas de risque à prendre, confie celle qui est muraliste et artiste peintre depuis de nombreuses années.

Pour ce projet, elle n’avait pas à travailler au plafond dans une nacelle ou un échafaudage en hauteur. Par contre, lors des restaurations antérieures, elle a dû travailler sur une nacelle brinquebalante. « Heureusement que je n’ai pas le vertige, avoue-t-elle. J’ai déjà été gymnaste. Les hauteurs ne me font pas peur ! » ajoute celle qui toujours fait des projets artistiques, notamment lorsqu’elle était potière à l’atelier d’Albert Rousseau à Saint-Étienne-de-Lauzon après sa formation en arts appliquée entre 1979 et 1982.

Des travaux

L’abbé Jacques Casaubon, coordonnateur des paroisses regroupées de Shawinigan, dont fait partie l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, n’a que de bons mots envers le travail de l’artiste Hélène Lafontaine.

La restauration actuelle a dû être retardée quelque peu à cause des travaux de remplacement de la toiture et de correction de certains problèmes, dont l’infiltration d’eau. « Il fallait trouver la cause et régler le problème », explique-t-il.

Les travaux enfin terminés vont permettre la réouverture des lieux et les visites guidées reprendront avec l’équipe de Culture Shawinigan puisque les règles sanitaires contre la COVID-19 ont été assouplies. L’église est située au 825, avenue Ozias-Leduc, Shawinigan-Sud.

Sans révéler les budgets alloués aux récents travaux, l’abbé Casaubon précise que le comité de protection des œuvres d’Osias Leduc, le Conseil du patrimoine religieux du Québec, et la fabrique des paroisses regroupées Notre-Dame-de-la-Joie ont assumé leur part des coûts des travaux.

Pour en savoir plus sur l’artiste, consultez son site web : Hélène Lafontaine

Quant au peintre Osias Leduc et ses œuvres, il y a beaucoup d’informations sur Wikipédia et d’autres sites culturels.

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