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Deux outils pour aider les systèmes d'éducation

UNESCO: l'école ne forme pas adéquatement les jeunes aux changements climatiques

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7 juin 2024
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Par La Presse Canadienne

Les systèmes d’éducation du monde ne forment pas adéquatement les étudiants et les élèves sur les changements climatiques, selon un nouveau rapport de l’UNESCO. L'agence onusienne vient également de publier deux outils pour aider les systèmes d'éducation à intégrer la crise du climat dans les programmes scolaires.

L’une des conclusions des auteurs du rapport «Apprendre à agir pour les personnes et la planète», publié mercredi, est que l’éducation au changement climatique ne doit pas reposer uniquement sur un transfert de connaissances.

Elle doit également se concentrer sur un «apprentissage socio-émotionnel» et «être «orientée vers l’action», par exemple en favorisant l'école à l'extérieur, dans la nature.

L'UNESCO soutient que les changements climatiques ne doivent pas être enseignés comme une matière, et qu'il faut plutôt les aborder de manière transversale, sous différents angles, dans plusieurs matières scolaires.

Mais pour y arriver, les curriculums doivent être révisés et les professeurs ont besoin d’être formés adéquatement, toujours selon l’UNESCO.

Des professeurs qui manquent d’outils

Le rapport se base sur plusieurs enquêtes menées dans le monde dans les dernières années.

L’une de ces enquêtes souligne «qu’une majorité de plus de 58 000 enseignants de 144 pays et territoires estime qu'il est important d'enseigner le changement climatique», mais que moins de 40 % de ces professeurs sont suffisamment confiants pour l'enseigner.

Seulement un tiers des professeurs estiment qu'ils sont capables d'expliquer correctement les effets des changements climatiques sur leur localité.

Une autre enquête menée auprès de plus de 1000 enseignants et membres du personnel scolaire de 38 pays montre que la moitié d’entre eux ont cité «le manque de ressources disponibles ou adaptées comme un défi majeur» à l’enseignement des changements climatiques.

Les professeurs interrogés ont indiqué que le développement professionnel, l'aide de collègues expérimentés et l'invitation d'experts comme conférenciers comptent parmi les outils nécessaires pour compenser leur manque de connaissances sur les enjeux climatiques.

Le rapport onusien souligne aussi que «les enseignants ont trouvé que les projets transdisciplinaires ayant un impact réel étaient les plus motivants pour inciter les élèves à s'engager dans l'action climatique».

Des élèves qui ne se sentent pas préparés

Le rapport souligne qu’une enquête menée auprès de plus de 2000 étudiants dans 53 pays a révélé que 95 % d'entre eux s'inquiétaient des effets des changements climatiques et de la dégradation de l'environnement. Mais seulement un quart des filles et un peu plus d’un tiers des garçons estimaient que leur éducation les avait préparés à faire face aux changements climatiques.

Une autre étude de l'UNESCO, celle-ci menée en 2021, semble appuyer ces données. Sur 100 programmes scolaires nationaux analysés, près de la moitié d'entre eux (47 %) ne mentionnaient pas les changements climatiques. Une analyse du contenu de livres scolaires pour élèves entre 11 et 18 ans montre que les solutions qui ont un impact significatif sur la crise climatique, par exemple vivre sans voiture, sont très peu mentionnées. À l’opposé, les livres scolaires mentionnent davantage les solutions qui ont peu d’impact, comme le recyclage.

L’étude «Apprendre à agir pour les personnes et la planète» fait quelques fois référence spécifiquement au Canada.

Les auteurs mentionnent notamment qu’un sondage mené auprès de Canadiens âgés de 16 à 25 ans conclut que 60 % d’entre-deux estiment que le système éducatif devrait se concentrer davantage sur les dimensions socioémotionnelles des changements climatiques.

Plaidoyer pour sortir de la classe

L’éducation en plein air devrait faire partie des programmes d’éducation, selon l’UNESCO, qui souligne qu’apprendre à l’extérieur «permet de développer une conscience et un intérêt pour l’environnement dès le plus jeune âge et que cela constitue une base essentielle pour développer des attitudes et des comportements favorables à l’action contre le changement climatique à l’âge adulte».

Les auteurs se basent sur une revue de 66 études, principalement réalisées dans les pays du Nord, qui révèlent que les programmes pour enfants de 4 à 5 ans dans des environnements riches en nature avaient des résultats positifs sur les plans environnemental, cognitif et affectif.

Les auteurs donnent l'exemple du Japon, où l’éducation de la petite enfance inclut depuis longtemps les pratiques d’activités extérieures.

Dans ce pays, 90 % des centres de la petite enfance disposeraient de jardins où les enfants peuvent cultiver des fleurs et des légumes.

L'UNESCO cite également une enquête réalisée à New York, où des chercheurs ont observé un groupe d'enfants grandir pendant plusieurs années. Ils ont conclu que le temps passé à l'extérieur en bas âge «était un facteur prédictif de comportements plus favorables envers l'environnement à 18 ans».

Des indicateurs de qualité pour «des écoles vertes»

Les auteurs du rapport soulignent qu’il n’existe actuellement aucun indicateur simple pour aider les décideurs politiques et le grand public à comprendre si leur pays progresse en matière d’éducation aux changements climatiques.

L’UNESCO propose donc une nouvelle norme de qualité pour «des écoles vertes».

Ces normes se retrouvent dans un document de 70 pages disponible en ligne et appelé «Green school quality standard, Greening every learning environment».

Le document a été élaboré avec d'autres agences des Nations unies, des organisations de la société civile et les États membres.

La sortie du rapport de l’UNESCO est également accompagnée d’un nouveau guide qui porte le nom de «Greening curriculum guidance: teaching and learning for climate action».

Cet outil, selon l’UNESCO, offre «une vision commune de ce que devrait être l'éducation au dérèglement climatique et la manière dont les pays peuvent intégrer les thèmes environnementaux dans les programmes».

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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