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Auclair revient sur son enfance tourmentée

Yannick Auclair, qui demande que sa peine soit révisée, a témoigné une bonne partie de la journée.
Photo: Illustration Agence QMI / Delf BergYannick Auclair, qui demande que sa peine soit révisée, a témoigné une bonne partie de la journée.
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L’audience pour la révision de la peine de Yannick Auclair coupable de meurtre prémédité s'est poursuivie au palais de justice de Laval le 4 décembre.

Dans la première portion de son interrogatoire, Yannick Auclair est revenu sur l’enfance difficile qu’il a vécue; marqué par le rejet familial, l’intimidation et des agressions sexuelles. Demain matin (5 décembre), il reprendra son témoignage en abordant le meurtre de Guylaine Leblond, la conjointe de son oncle maternel chez qui il vivait, survenu le 11 mai 1996.

D’aussi loin que se souvient l’homme de 36 ans, ses parents n’ont jamais été en couple. Les relations tendues entre son père et sa mère ont fait en sorte qu’il a constamment changé de foyer. En plus de demeurer chez ses parents qui se disputaient sa garde, il s'est aussi promené entre chez sa grand-mère et son parrain.

Dans son témoignage marqué par l’émotion, il a parlé de sa mère comme une femme absente qui le faisait constamment garder et qui l’arrachait de milieux où il se sentait bien. Comme lorsque son parrain avait décidé de la prendre en charge et que sa mère était revenue avec des menaces de poursuite. Ce manque d’encadrement s’est entre autres traduit par des échecs scolaires.

La situation était différente chez son père où il a vécu à quelques reprises. L’encadrement lui a permis de sauver son année scolaire et cette cellule familiale lui rappelait le modèle qu’il avait connu.

«S’en était une [vraie famille]. On était ensemble tous les soirs. Quelqu’un préparait le repas. J’avais des responsabilités», a-t-il indiqué à son avocate Jacinthe Lanctot qui le questionnait.

Des sévices sexuels et de l’intimidation

Il a raconté avoir été victime d’intimidation à l’école en raison du fait qu’il changeait fréquemment d’école et de milieu de vie. «Je me faisais pousser et lancer des cailloux. […] Je faisais des détours pour revenir à la maison.»

Il a aussi indiqué au jury qu’il avait été victime d’agressions sexuelles de la part de la gardienne qui partageait la même chambre que lui chez sa mère et du conjoint de cette dernière alors qu’il était adolescent.

«J’avais une bonne relation avec elle jusqu'à tant qu’elle ait des désirs envers moi. Ç'a commencé par des attouchements, puis des relations sexuelles complètes», a-t-il raconté en essuyant des larmes.

«Michel [le conjoint de sa mère] ne devait pas être pleinement satisfait sexuellement par ma mère. Il m’a utilisé pour le satisfaire. Ç’a duré quelques semaines. Je devais avoir 13 ou 14 ans.»

Présent dans la salle, le père de Yannick Auclair a fondu en larme en apprenant ses éléments dont il n’avait jamais eu connaissance.

Chez la victime

En fin de journée Yannick Auclair a raconté comment le frère de sa mère, Mario Auclair l’avait accueilli chez lui, dans le secteur Chomedey, en janvier 1996 alors qu’il venait de se faire évincer de son logement et de vivre une rupture amoureuse. «C’était un gars le fun. Je me sentais bien accepté. […] C’était un chum qui s’occupait de moi. J’avais l’impression de compter et d’avoir ma place avec lui», a indiqué M. Auclair. Il a ajouté que son oncle lui a rapidement demandé de la couvrir dans ses mensonges et de lui servir d’alibi lorsqu’il se rendait faire le «party» avec sa maîtresse avec qui il consommait drogue et alcool.

Il a qualifié la relation entre la victime et son oncle comme étant «boiteuse», indiquant que Mario Auclair lui aurait dit à plusieurs reprises qu’il voulait divorcer et se «débarrasser d’elle.»

Au sujet de sa victime Guylaine Leblond, il a prononcé que c’est quelques mots : «Elle voulait vraiment m’aider».

Dans la prochaine portion de son témoignage, M. Auclair, qui souhaite pouvoir faire une demande de libération conditionnelle avant d’avoir purger 25 ans de pénitencier comme le prévoit sa sentence initiale, devrait expliquer comme il en est venu à tuer de 36 coups de couteau celle qui voulait vraiment l’aider.

 

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