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Premiers répondants : Un plan clé en main refusé par la Ville

Selon Emmanuel Stavrakakis (droite) et le docteur Phil (gauche), il est impératif que la Ville de Laval mette en place un service de premiers répondants afin d'assurer la sécurité des Lavallois.
Photo: PHOTO ALARIE PHOTOSSelon Emmanuel Stavrakakis (droite) et le docteur Phil (gauche), il est impératif que la Ville de Laval mette en place un service de premiers répondants afin d'assurer la sécurité des Lavallois.
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Le matin du 15 mai dernier, un appel de détresse fut lancé par une résidente de Sainte-Rose dont le conjoint éprouvait des difficultés respiratoires. Affectée sur les lieux, une ambulance est arrivée sur la scène 16 minutes plus tard. Mais en dépit des meilleurs efforts des ambulanciers, le Lavallois est décédé à l’hôpital d’un arrêt cardiaque.

Mais il semblerait que cet homme n’avait pas toutes les chances de son bord. «C’était un sauvetage à 100 % garanti s’il y avait eu des premiers répondants à Laval», déclare Emmanuel Stavrakakis, un premier répondant à Montréal.

Comme le reportait L’Écho de Laval en mai, la Ville de Laval n’a toujours pas de service de premiers répondants. Mais selon M. Stavrakakis, cela n’est pas dû à un manque de planification ni de participation citoyenne. En effet, celui-ci confirme qu’il a tenté à plusieurs reprises depuis 2010 d’entrer en contact avec les maires Duplessis et Vaillancourt afin de discuter d’un plan de premiers répondants qu’il avait conçu pour Laval.

«Je ne me suis jamais rendu à l’étape de pouvoir faire une proposition. À chaque fois que j’ai essayé [de proposer mon plan à la Ville], j’ai simplement reçu des lettres m’indiquant que mon dossier serait étudié, mais après, silence, raconte le premier répondant. Je n’ai même pas eu le temps de présenter mon projet.»

Un projet citoyen

Depuis 2007, la Ville de Montréal a implanté son service de premier répondant géré par les pompiers de la métropole.

Or, selon plusieurs intervenants, la meilleure solution résiderait, plutôt, dans un projet qui engagerait principalement les citoyens, réduisant simultanément les coûts d’implantation et d’opération.

C’est l’optique prisée par le plan de M. Stavrakakis, qu’il a conçu après avoir consulté plusieurs membres du milieu de la santé à Laval.

«J’ai conçu mon plan d’une façon que n’importe quel citoyen puisse en faire partie. En impliquant les résidents, ceux-ci ont l’occasion de faire une différence sans devoir passer trois ans à l’école et payer les frais de cours.»

En effet, la direction d’Urgences-santé a déjà confirmé à L’Écho que l’organisme offrirait gratuitement aux intervenants lavallois la formation de 65 heures (au minimum) si Laval était pour implanter un service de premiers répondants. Ainsi, selon le plan de M. Stavrakakis, un groupe de 30 à 40 citoyens formés suffirait pour couvrir l’ensemble du territoire lavallois en tout temps.

Véhicules spécialisés

Afin d’équiper d’éventuels premiers répondants lavallois adéquatement, il faudra obligatoirement qu’ils aient accès à des véhicules adaptés. Ceux-ci seraient clairement identifiés et transporteraient tout l’équipement nécessaire pour une intervention rapide.

«Le calcul que nous avons fait afin d’assurer une couverture suffisante du territoire est qu’il faudrait de six à 10 véhicules à Laval, explique le premier répondant. Ça ne veut pas dire qu’il y aura 10 véhicules sur la route en tout temps, mais ça assurerait que le territoire serait bien couvert.»

Coûts abordables

En dépit de l’importance des premiers répondants, celui-ci peut s’avérer fort coûteux, dépendamment du système instauré. En effet, ce service aurait coûté plus de 30 M$ à mettre en place à Montréal, en plus d’exiger des frais de maintien de près de 16 M$ annuellement.

Mais pas question qu’un projet citoyen coûte aussi cher aux Lavallois, explique M. Stavrakakis. En effet, selon ses calculs, son projet coûterait au maximum 5 M$ d’investissements initiaux et 1,5 M$ de coûts de maintien annuels par la suite.

«Selon mes estimations, mon système coûterait environ 5 M$ à démarrer. Dans ce montant, j’inclus : l’achat d’un emplacement pour une centrale, l’achat des véhicules, les défibrillateurs automatiques et autres équipements, les uniformes, les assurances, etc., explique le premier répondant.

Les véhicules, par exemple, coûtent environ 60 000 $ chacun, les défibrillateurs que j’utilise sont de 30 000 $, mais il y en a des moins chers au besoin. Et n’oublie pas, tous ces prix sont de ceux de la vente au détail. Si la Ville de Laval achète ce matériel en gros, les coûts seront probablement encore plus bas.»

Le premier répondant entend également offrir une certaine somme d’argent aux citoyens impliqués, citant un salaire horaire de 6 $ de l’heure. Selon lui, ce montant servirait à indemniser les frais des intervenants reliés au poste.

«Avoir un service de premiers répondants à Laval, ça coûterait aux citoyens un maximum de 0,27 $ par jour. Ce n’est même pas un café, mais ça pourra un jour leur sauver la vie, conclut-il.

Chaque minute compte lorsqu’une vie est en danger… les Lavallois ne préfèrent-ils pas avoir toutes les chances de leur

Dossier à l’étude

Questionné afin de connaître la position officielle de la Ville, la mairie a répondu que la nouvelle mairesse Martine Beaugrand devrait prendre connaissance en profondeur du dossier dans les prochaines semaines. À partir de ce moment, elle pourra s’exprimer plus formellement à ce sujet.

«La nouvelle mairesse doit prendre connaissance de l’ensemble des dossiers de la Ville au courant des prochaines semaines, mais assurément c’est un dossier dont elle prendra connaissance, dit Benoît Collette, porte-parole de la Ville de Laval. Au moment présent, les services administratifs maintiennent la position à l’heure actuelle.»

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