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Ce sentiment est ressenti à un niveau élevé, souligne l'étude de la FSA Ulaval

Pandémie près de 50 % des travailleurs québécois souffrent de détresse psychologique

56 % des femmes et 41 % des hommes ont rapporté un niveau élevé de détresse psychologique, pour une moyenne de 48 % de la population québécoise au travail. Il s’agit d’une importante augmentation par rapport aux données pré-pandémie.
Photo: Shutterstock56 % des femmes et 41 % des hommes ont rapporté un niveau élevé de détresse psychologique, pour une moyenne de 48 % de la population québécoise au travail. Il s’agit d’une importante augmentation par rapport aux données pré-pandémie.
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Près de 50 % des travailleurs québécois souffrent d’un niveau élevé de détresse psychologique selon une étude rendue publique hier par une équipe de chercheurs dirigée par Caroline Biron, professeure à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA ULaval) et directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité du travail.

La professeur Biron et ses collègues ont analysé les réponses à un sondage web mené du 30 avril au 7 mai auprès d’un échantillon de 1259 Québécois représentatif de la population en termes d’âge, de sexe et de scolarité. Tous les répondants étaient professionnellement actifs au moment de l’enquête.

Les principaux constats de l’étude sont les suivants :

- 56 % des femmes et 41 % des hommes ont rapporté un niveau élevé de détresse psychologique, pour une moyenne de 48 % de la population québécoise au travail. Il s’agit d’une importante augmentation par rapport aux données pré-pandémie colligées en 2015 par l’Institut de la statistique du Québec dans l’Enquête québécoise sur la santé de la population, dans laquelle près de 33 % des femmes et 24 % des hommes rapportaient un niveau élevé de détresse.

- Le secteur de la santé et des services sociaux est particulièrement affecté puisque 60 % des répondants de ce secteur ont rapporté un niveau élevé de détresse psychologique.

- 75% des répondants ont rapporté avoir des problèmes de sommeil (39 % rapportent des problèmes de faible intensité, 25 % de moyenne intensité et 11 % de forte intensité).

- La performance au travail semble affectée par la situation actuelle puisque près du tiers des répondants (30 %) évaluent leur performance comme étant égale ou inférieure à 70 % de leur rendement maximal. Parmi ces répondants, 65 % rapportent un niveau élevé de détresse psychologique.

- 37 % des répondants ont déclaré avoir fait du présentéisme (travailler malade) au cours des 7 derniers jours, tant parmi ceux qui font du télétravail que chez ceux qui se déplacent vers leur lieu d’emploi.

- Les répondants qui travaillent au sein d’une organisation qui accorde une haute priorité à la santé psychologique s’en tirent mieux que le reste de l’échantillon : ces organisations comptent 24 % moins de personnes qui déclarent être en détresse élevée et 12 % plus de travailleurs qui se qualifient de « hautement performants ».

Revoir l'organisation et considérer l'importance de la gestion du personnel

« La pandémie nous confronte à toutes les vulnérabilités de nos systèmes : ce qui était fragile avant l’est encore plus aujourd’hui, explique Caroline Biron. Les risques psychosociaux qui contribuent à la détresse psychologique, tels la surcharge de travail, le faible soutien social des collègues et du supérieur, une faible reconnaissance et une autonomie limitée, ne sont pas nouveaux : ils sont étudiés depuis des décennies et ont des effets bien documentés sur la santé mentale et cardiovasculaire ainsi que sur l’absentéisme ». 

Ainsi, la professeure dresse le constat suivant: « Toutefois, la nouvelle réalité du travail à laquelle nous faisons face aujourd’hui nous oblige plus que jamais à revoir nos priorités et nos pratiques organisationnelles en soutenant et en formant nos gestionnaires à l’importance de la gestion des personnes et de la santé psychologique. »

Cette enquête a été menée en collaboration avec la firme SOM dans le cadre d’un projet de recherche financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. En plus de Caroline Biron, les auteurs de l’étude sont Hans Ivers (Statistika Consultants), Claude Fernet (Université du Québec à Trois-Rivières) et Maria Karanika-Murray (Nottingham Trent University, Royaume-Uni).

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