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Projet immobilier

Projet IGSR : La Planète s'invite en santé pour la protection des espaces verts

durée 06h00
23 juillet 2020
Jessica Brisson
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Jessica Brisson, Éditrice adjointe

Le regroupement de professionnels et étudiants de la santé, La Planète s’invite en santé, souhaite réitérer l’importance des espaces verts urbains pour la santé humaine dans la foulée des discussions entourant le projet IGSR (Île Gagnon - Place Sainte-Rose).

Actuellement, plusieurs citoyens de Laval nomment leurs inquiétudes par rapport à ce projet, notamment en ce qui a trait au risque de la perte d’une zone naturelle sur l’île Gagnon par la construction de nouvelles infrastructures.

En effet, un projet de donner une affectation protégée à l’île plutôt qu’urbaine était déjà sur la table en 2016 lors de la révision du schéma d’aménagement de la ville de Laval, en raison notamment de sa grande proximité avec le refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles.

Or, selon le projet du promoteur, l’île pourrait désormais accueillir un hôtel 5 étoiles, un spa, 660 condos et un nouveau pont. Le promoteur a précisé qu’il désire que le projet soit bon pour l’environnement, entre autres par l’ajout de conifères et de toits verts, par la construction de condos plutôt que de maisons unifamiliales, et par le maintien d’une bande riveraine obligatoire de 15 mètres d’arbres entre les habitations et la rive.

Malgré tout, de nombreuses craintes au niveau environnemental persistent, au point où le conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval s’est prononcé contre ce projet. Le maintien du couvert végétal est essentiel à la santé La grande région de Montréal gagnerait à préserver son couvert végétal en raison de ses nombreux bienfaits pour la santé humaine.

« Les bénéfices des espaces verts sur la santé ne sont plus à démontrer: réduction des polluants atmosphériques, lutte aux îlots de chaleur, réduction du bruit, espace propice à l’activité physique et diminution du stress n’en sont que des exemples », souligne Sarah Bergeron, médecin et porte-parole pour La Planète s’invite en santé.

Alors que les prévisions montrent que la population de Laval ira en augmentant et alors que les canicules sont déjà de plus en plus fréquentes, le regroupement La Planète s'invite en santé estime que le maintien des espaces verts accessibles à la population doit être une priorité.

Réduire la circulation automobile et la production de GES

Le promoteur stipule qu’une étude a démontré un impact minimal du projet IGSR sur la circulation automobile. Cependant, des inquiétudes demeurent toujours par rapport à la production locale de GES et d’autres polluants atmosphériques qui pourraient augmenter grandement en raison de la venue de 660 condos et d’un lieu de villégiature sur l’île Gagnon, sans compter les centaines d’unités d’habitations projetées pour la Place Sainte-Rose.

Sans un plan clair de transport actif et en commun accompagnant ce projet, l’augmentation du parc automobile de ce secteur est inévitable, dépassant davantage la capacité de mitigation du couvert végétal.

« Garantir des options convenables et accessibles de transport en commun est vital pour la santé des habitants du quartier. Selon les études de santé publique, en plus de réduire la pollution, cela favorise les modes de vie actifs et permet de prévenir les maladies chroniques dues à la sédentarité », affirme Olena Zotova, étudiante en médecine et présidente du conseil exécutif de La Planète s’invite en santé.

Des impacts environnementaux incertains

Plusieurs spécialistes de l’environnement ont partagé leurs inquiétudes sur la préservation des rives, de la biodiversité et de la santé des cours d’eau, compte tenu l’ampleur du projet et la difficulté de bâtir de telles infrastructures sur une île. Or, l’environnement est un des principaux déterminants de la santé humaine et toute action sur celui-ci mérite une évaluation en terme d’impacts sanitaires.  

« Comme professionnels de la santé, nous souhaitons nous assurer que la ville de Laval prendra en compte la santé de sa population dans les grands projets qui sont proposés sur son territoire, entre autres le projet IGSR. Le promoteur devrait pouvoir démontrer que les bénéfices de son projet dépassent ceux d’un secteur protégé sur l’île Gagnon. Autrement, la ville pourrait par exemple envisager de récupérer l’île Gagnon afin de la protéger davantage. Le rôle central des espaces verts urbains pour le bien-être de toutes et tous doit être respecté. La protection de la santé humaine passe par la protection de la santé de l’environnement », conclut Sarah Bergeron.

commentairesCommentaires

2

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  • JM
    Johanne Morin
    temps Il y a 2 ans
    Merci pour votre appui et cet excellent article qui exprime très bien les raisons pour lesquelles, malgré ses qualités, le projet IGSR ne doit pas s'implanter en plein coeur du refuge faunique de la rivière des Mille-îles, sans parler de l'aspect visuel des tours qui ne cadrent pas du tout avec le cachet patrimonial du secteur et la trop grande densité de population envisagée.
  • GL
    Gilles Lalonde
    temps Il y a 2 ans
    Si l'on tient compte de la volonté exprimée majoritairement par la population lavalloise, mais aussi des choix requis dans un contexte de changements climatiques, d'impacts sur la vie humaine et les écosystèmes, si l'on s'arrête ne serait-ce qu'un instant aux enjeux liés à la COVID-19 et à l'urgence de transformer nos modes de vie pour nous rendre moins vulnérables et surtout davantage respectueux de nos environnements, alors vraiment, ces deux projets sont totalement irrecevables. Il y a tant d'autres possibilités de valorisation des rives et des espaces verts, moins rentables en terme de fric (et de retombées fiscales), mais tellement plus valables pour la santé globale. Le projet IGSR? Quel manque d'imagination, quel affront aux citoyens et aux milieux naturels, quelle courte et décevante vision, quel approche archaïque du développement durable!

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