7,5 millions $ jusqu'en 2027
Québec présente un premier plan gouvernemental pour renforcer le droit à l'avortement
Pour améliorer l'accès aux services d'interruption de grossesse dans les régions où le temps d'attente est élevé et pour contrer le manque d'information fiable sur le sujet, Québec présente un premier plan gouvernemental sur l'accès à l'avortement.
Le gouvernement injectera 7,5 millions $ jusqu'en 2027 afin de concrétiser les 28 mesures de son plan. La ministre responsable de la Condition féminine du Québec, Martine Biron, en a fait l'annonce lundi matin, à Montréal.
Le plan prévoit notamment de développer de nouveaux points de service d'accès à l'avortement, dont un dans la ville de Québec. La ministre Biron n'a pas précisé quand exactement ce nouveau point de service sera opérationnel, mais elle a indiqué que le gouvernement prévoyait qu'il le soit d'ici 2027.
Dans certaines régions du Québec, l'accès à un service d'interruption de grossesse peut prendre jusqu'à cinq semaines. Pour améliorer ce délai, le gouvernement compte mettre sur pied un service de télésanté. Mais il misera surtout sur la pilule abortive pour un meilleur accès.
La pilule abortive est disponible au Québec depuis 2017 et elle est utilisée dans 17 % des avortements. En Ontario, elle est utilisée dans 32 % des avortements et ce taux grimpe à 72 % en France. «Ce qui veut dire qu'elle est sous-utilisée au Québec, a commenté Mme Biron. Peut-être qu'on pourrait l'utiliser davantage et justement libérer certaines salles opératoires en région. L'idée est de faciliter l'accès à ces soins, tout en respectant le droit de choisir des femmes.»
L'annonce de lundi rappelle la fragilité des droits des femmes. Il y a deux ans aux États-Unis, la Cour suprême renversait le jugement Roe c. Wade permettant ainsi aux États du pays de bannir ou de restreindre l'accès à l'avortement.
Mme Biron a reconnu cette menace et a déclaré que cette «onde de choc» aux États-Unis a créé beaucoup d'incertitudes. Elle a lancé le message que le gouvernement du Québec protège le droit des femmes de choisir de poursuivre ou d'interrompre une grossesse. «C'est un sujet sensible et tabou l'avortement, mais il faut savoir qu'une femme sur trois aura recours à l'avortement au Canada, une fois dans sa vie», a indiqué la ministre.
Le plan d'action actuel du gouvernement du Québec n'envisage pas la gratuité des contraceptifs. Mme Biron a fait savoir qu'il y a des discussions avec le gouvernement fédéral sur cet enjeu.
Justifiant que ces négociations peuvent être longues, Mme Biron a dit qu'elle était devant «un dilemme»: celui d'aller de l'avant avec un plan sur l'interruption de grossesse ou d'attendre que débouchent les discussions sur la contraception avec le fédéral. Elle a mentionné que le plan était un premier pas et que les travaux sur la contraception allaient se poursuivre.
—
Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.
Katrine Desautels, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Une littératie de l'intelligence artificielle serait nécessaire pour les élèves
À l'approche de la rentrée scolaire, l'intelligence artificielle (IA) se fait bien présente dans les écoles, peu importe le niveau d'éducation. Pour un expert, l'enjeu de la rentrée n'est pas de savoir s'il faut permettre ou non l'utilisation de l'IA, mais bien d'apprendre aux élèves et aux professeurs à s'en servir intelligemment. «Je ...
LIRE LA SUITE
Les Québécois favorables à un droit à la fraîcheur pour contrer les vagues de chaleur
Les trois quarts des Québécois appuient la reconnaissance d'un droit à la fraîcheur, qui garantit des endroits sécuritaires à toute la population lors des épisodes de forte chaleur, indique un nouveau sondage Léger réalisé pour l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ). Elle demande aux partis politiques de reconnaître le ...
LIRE LA SUITE
Les véhicules connectées soulèvent des questions relatives à la vie privée
Les véhicules modernes sont devenus de véritables centres numériques complexes qui surveillent et enregistrent en permanence vos faits et gestes. Telles sont les conclusions publiées dans un nouveau rapport de la Commission de l'éthique en science et en technologie (CEST). Ce rapport de 64 pages recense 12 risques majeurs pour la vie privée, ...
LIRE LA SUITE