La Grande mobilisation a lieu le 2 avril
Laval mobilisée pour le communautaire : À boutte d'être le boutte !
Par Salle des nouvelles
Dans la foulée de la Grande mobilisation du 2 avril prochain à Québec « Le communautaire à boutte », la Corporation de développement communautaire (CDC) de Laval se joint au millier d'organismes communautaires qui dénoncent un sous- financement chronique. La CDC de Laval souhaite mettre en lumière le message particulier suivant : Laval est à boutte d'être le boutte.
Laval, 6e région la plus peuplée du Québec, avec plus de 450 000 résidentes et résidents, fait face à un écart structurel alarmant entre son poids démographique et les ressources dont disposent ses organismes communautaires. Alors que le milieu communautaire québécois est déjà reconnu pour son sous-financement généralisé, les investissements à Laval sont largement en deçà de sa représentation populationnelle.
Avec 213,4 millions de dollars de revenus totaux pour l'ensemble de ses organismes communautaires, Laval génère seulement 474 $ de revenus communautaires par habitants, se classant au 14e rang sur 16 régions au Québec. Cette réalité se traduit par des personnes vulnérables qu'on ne peut aider et des listes d'attente qui s'allongent pour une population en constante croissance.
Une double pénalité : démographie et structure
À cette insuffisance s'ajoute une problématique encore plus préoccupante : depuis sept ans, les organismes lavallois reçoivent entre 1,79 % et 2,96 % de l'enveloppe provinciale en santé et services sociaux, alors que Laval représente 5 % de la population québécoise. Cette distorsion s'explique par un mode de répartition qui tient compte uniquement du nombre d'organismes, sans considérer la réalité démographique des régions.
Pourtant, Laval est un territoire unique : une île, une ville, une MRC et une région à la fois dont la structure favorise naturellement le déploiement régional des organismes et limite les infrastructures.
Cette efficacité se retourne contre elle : avec seulement 6,7 organismes pour 10 000 habitants, comparativement à 15,6 pour le reste de la province, moins d'organismes signifie moins de financement, tout en devant desservir une population en forte croissance. Le manque à gagner est considérable : 25 millions $ pour les organismes du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) et 32 millions $ tous ministères confondus, selon les estimations de la CDC de Laval.
Une précarité financière qui met les services en péril
Cette situation de sous-financement place les organismes lavallois dans une position de grande vulnérabilité. Plus d'un organisme sur quatre (27,6 %) présente un actif net négatif— c'est-à-dire que ses dettes dépassent ses actifs — faisant de Laval la 2e région la plus fragilisée du Québec sur cet indicateur.
« À Laval, on est à boutte comme tous les organismes communautaires du Québec, mais aussi à boutte d'être le boutte : 14e région sur 16 pour les revenus communautaires par habitant et la 2e région la plus fragilisée financièrement. Cela amène une incapacité pour les organismes de subvenir aux besoins essentiels de la population » affirme Marc Longchamps, directeur général de la CDC de Laval.
Une mobilisation sans précédent
Le 2 avril, la délégation lavalloise rejoindra des milliers de travailleuses et travailleurs du
communautaire de partout au Québec pour exiger :
- Des conditions de travail décentes;
- Un financement suffisant à la mission avec indexation et rehaussement;
- Une reconnaissance pleine et entière du rôle des organismes;
- La protection de leur autonomie.
