Un chiffre record
Postes Canada enregistre une perte de 1,57 millard de dollars en 2025
Postes Canada a annoncé, ce lundi 20 avril, une perte avant impôt de 1,57 milliard de dollars pour l’année 2025, un déficit record qui reflète une détérioration importante de sa situation financière et qui soulève des enjeux pour les usagers et les entreprises.
Selon les données publiées, cette perte représente une hausse de 728 millions de dollars par rapport à 2024. Les revenus ont également diminué de 315 millions de dollars, notamment en raison d’une forte baisse des volumes de colis, un secteur clé pour la société d’État.
« (...) ce n’est pas le gouvernement qui devrait payer, mais bien les gens qui utilisent le système, que ce soit pour envoyer une lettre, expédier des commandes en ligne ou livrer des circulaires », a indiqué Doug Ettinger, président-directeur général de Postes Canada dans son message.
Cette situation s’explique en grande partie par l’incertitude liée aux relations de travail, alors qu’aucune nouvelle convention collective n’a été conclue en 2025 avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.
Plusieurs clients se sont tournés vers d’autres transporteurs jugés plus stables, entraînant une chute de 32,6 % des volumes de colis, soit 79 millions d’articles en moins.
Par ailleurs, Postes Canada a dû compter sur un financement remboursable du gouvernement fédéral pour soutenir ses opérations. En 2025, une aide de plus d’un milliard de dollars a été accordée, suivie d’un financement supplémentaire autorisé au début de 2026, sans toutefois suffire à compenser l’ampleur des pertes.
Certains secteurs ont toutefois connu une évolution différente. Le courrier transactionnel a enregistré une hausse de revenus, notamment en raison de l’augmentation des tarifs et d’envois liés à des événements comme des élections. À l’inverse, le marketing direct a poursuivi son recul, affecté par les incertitudes et les perturbations dans les services.
Face à ce contexte, la société d’État affirme vouloir accélérer sa transformation afin de moderniser ses services et retrouver une certaine autonomie financière. Cette transition s’inscrit dans un marché de plus en plus concurrentiel, particulièrement dans le secteur de la livraison de colis.
« (...) le plan de transformation que nous proposons concilie deux nécessités : améliorer notre productivité et effectuer des changements structurels, d’une part, et, d’autre part, offrir à la population et aux entreprises canadiennes un service visiblement meilleur, qu’elles veulent utiliser et pour lequel elles sont prêtes à payer », a ajouté le PDG.
La suite dépendra notamment de la capacité de l’organisation à stabiliser ses relations de travail et à adapter son modèle d’affaires, dans un contexte où les habitudes de consommation et les besoins logistiques continuent d’évoluer rapidement.
« Certaines choses devront changer pour protéger ce qui est le plus précieux. Notre taille sera plus modeste, mais notre capacité à soutenir la population et l’économie sera beaucoup plus grande, tout comme notre capacité à réinvestir dans de nouvelles façons de gagner la confiance de notre clientèle. Par-dessus tout, si l’on veut renouer avec l’autonomie financière, la population canadienne doit bien voir la valeur ajoutée du service postal », a conclu Doug Ettinger.

