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8 janvier 2022 - 08:00

Écoute bien ça!

La recette du scandale parfait

Trame sonore recommandée pour cet article :

Jerry Lee Lewis – Whole Lotta Shakin’ Going On (à répétition)

Quelle est la recette du parfait scandale ? Un pot-de-vin, une injustice, un adultère ?

En 1957, la recette du parfait scandale était simple : vous prenez une star du rock (qui offense les parents, mais dont les jeunes raffolent), vous lui donnez deux hits transatlantiques, ajoutez une histoire de mœurs et vous laissez mijoter une heure à peine.

La fameuse histoire de mœurs qui a fait trembler (Lotta Shakin’) les colonnes du temple fête cette année ses 65 ans. En 1957, un des jalons les plus infâmes du rock s’écrivait alors que le pianiste et chanteur rock Jerry Lee Lewis (22 ans) épousait sa cousine Myra Lee, une mineure âgée de seulement 13 ans. Autre détail troublant : Lewis n’était pas encore divorcé de son second mariage avec la femme qui lui donna ses deux premiers enfants!

C’est l’époque de la Ford Skyline, des cigarettes Sweet Caporal, des « Drive in » et des cheveux crantés, pour femmes à la mode. Bref, un monde qui représente l’âge d’or des États-Unis pour plusieurs, mais aussi un contexte où les goûts de la jeunesse se distinguent de plus en plus de ceux de leurs parents.

Dans les années 50, le seul vrai prétendant à la couronne d’Elvis Presley était Jerry Lee Lewis. Plusieurs diront même que la popularité de Jerry Lee Lewis aurait dépassé celle du King si ce n’avait été de ce mariage scabreux.

Personne n’avait jamais incarné le rock comme Jerry Lee Lewis l’avait fait. Pianiste frénétique aux prestations endiablées, celui qu’on surnommait « The Killer » a fait « mourir » de peur tous les chantres des vertus de l’Amérique. Il jouait debout, mettait le feu (littéralement) à son piano et séduisait les filles par dizaines. Lewis c’est l’énergie la plus viscérale du rock; la plus pure celle qu'il est impossible d'ignorer. Au pire on se sent agressé, au mieux on est captivé à vie!

L’union avec sa cousine Myra sera à la fois le début de sa déchéance et l’événement qui cristallisa à jamais Lewis dans l’histoire du rock.

La suite de l’histoire était prévisible :  les radios ont déprogrammé les succès de Lewis et au moment où il s’apprêtait à monter sur le podium, le pianiste a dû se résoudre à continuer son chemin en marge de la culture populaire.

Que nous reste-t-il aujourd’hui de l’impact de Jerry Lee Lewis? Presque rien (sarcasme), à peine trois générations d’artistes irrévérencieux dont la caractéristique première est de vivre la pulsion viscérale de la jeunesse sans soucis des conséquences. L’ADN le plus pur du rock n’ roll de Keith Richard à Billy Idol en passant par Elton John, Sid Vicious et Iggy Pop se retrouvent dans l’héritage de celui qu’on surnommait « The Killer ».

Qu’est-il advenu de Lewis, le pionnier du rock? Eh bien, justement, il est le dernier qui est toujours en vie! Il a fêté ses 86 ans en septembre dernier.

Comme l’a si bien dit Springsteen : « Jerry Lee Lewis ne jouait pas du rock n’roll, il était le rock and roll ». Si je peux ajouter une chose, je dirais : « il est l’un de ceux qui ont donné naissance au rock et comme la musique est éternelle, Jerry Lee Lewis ne mourra jamais ».

Écrit par Hubert Théberge

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