Dernière heure
Le premier ministre du Québec, François Legault démissionne
Ce matin, lors d’une conférence de presse, le premier ministre François Legault a annoncé qu’il donnait sa démission.
À la tête de la province depuis un peu plus de sept ans, M. Legault a expliqué son départ avec émotion, remerciant également ses proches : « Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitent d’abord du changement, puis, entre autres, un changement de premier ministre. Pour le bien de mon parti, et surtout pour le bien du Québec, j’annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de premier ministre du Québec. Je vais rester en place le temps que mon parti désigne un remplaçant ou une remplaçante. »
Le député de L’Assomption a dressé le bilan des deux mandats majoritaires de la CAQ, défendant ce dernier tout en reconnaissant avoir connu des échecs. Il s’est dit convaincu que son gouvernement en a accompli beaucoup depuis son arrivée au pouvoir.
Ils ont notamment dû faire face à la pandémie de COVID-19, une période fortement critiquée en raison des mesures imposées par le gouvernement provincial. Malgré cela, la CAQ a été réélue pour un deuxième mandat majoritaire.
« En terminant, je remercie les Québécois de m’avoir confié deux mandats majoritaires. J’aime profondément les Québécois et le Québec, et être le premier ministre du Québec a été pour moi le plus grand honneur de ma vie », a-t-il conclu avant de quitter.
Un parti en difficulté
Le Cabinet du premier ministre du Québec avait convié les médias à la toute dernière minute pour cette annonce, qui survient après des mois difficiles pour la Coalition avenir Québec, dont les appuis ne cessent de chuter dans les sondages.
Rappelons que l’on apprenait l’an dernier que le virage numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec, avec la plateforme SAAQclic, avait été un véritable fiasco. Le projet a largement dépassé le budget initial et, selon les plus récents chiffres, il aurait coûté des milliards de dollars.
Puis, en septembre 2025, M. Legault avait procédé à un remaniement ministériel, excluant notamment l’ancienne ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, qui avait quitté le caucus quelques jours plus tard.
Parmi les départs, on compte également celui du député d’Arthabaska et whip du gouvernement, Éric Lefebvre, qui a quitté pour se lancer en politique fédérale, ainsi que celui de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, qui s’est tournée vers la politique municipale. Le député d’Abitibi-Est, Pierre Dufour, a quant à lui été exclu après avoir exigé un siège pour l’Abitibi-Témiscamingue au Conseil des ministres lors du remaniement.
En octobre, le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, avait annoncé son départ en raison de conflits personnels liés au projet de loi 2. Des rumeurs voulant que la députée de Laporte, Isabelle Poulet, envisage de se joindre au Parti libéral du Québec (PLQ) ont également mené à son expulsion du caucus caquiste. Finalement, en décembre, le ministre de la Santé et bras droit de François Legault, Christian Dubé, a quitté ses fonctions, affirmant avoir été déçu de l’entente conclue avec les médecins de famille dans le cadre du projet de loi 2.
Ajoutons que, le 9 janvier dernier, le député de Dubuc, François Tremblay, a quitté la CAQ après avoir été arrêté pour conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool.
Des élections à venir
En temps normal, c’est le vice-premier ministre qui assume l’intérim à la tête du gouvernement, mais ce poste est vacant depuis le remaniement ministériel, alors que Geneviève Guilbault s’était vu retirer cette responsabilité. Comme l’a expliqué M. Legault, il demeurera en fonction jusqu’à ce que le parti désigne un successeur, qui occupera le poste jusqu’aux élections prévues le 5 octobre prochain.

