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Commission Charbonneau: 2 % payés avec les machines à café

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13 juin 2013
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Par Marie-Christine Bouillon\Agence QMI
LAVAL - 

Deuxième témoin de la journée à la commission Charbonneau, l’ex-vice-président de la firme de génie-conseil CIMA , Lucien Dupuis, a raconté que les redevances de 2 %, payés selon le montant des contrats obtenus à la Ville de Laval, étaient déboursées en argent comptant grâce à la petite monnaie accumulée dans les machines à café du bureau.

 

Pas facile pour les entreprises ayant de gros chiffres d’affaires de dégager un montant d’argent comptant qui ne soit pas inscrit dans les livres comptables. Lucien Dupuis a donc mis en place cette méthode peu commune qui lui permettait d’accumuler les redevances qu’il devait remettre en main propre au responsable du financement du PRO des Lavallois, Me Jean Gauthier.

«Le café c’est 2000 $ par mois [...] donc 24 000 $ par année, a lancé M. Dupuis. Il y avait quatre ou cinq machines à café par étage.»

Une fois qu’il avait en main une somme importante, il entrait en contact avec M. Gauthier, qu’il a qualifié de «charmant monsieur». Les deux hommes discutaient de tout et de rien, mais jamais d’argent ou du fameux «2 %» de redevances, a précisé le témoin.

«Je prends une enveloppe, je prends rendez-vous avec M. Gauthier et je vais lui porter.»

Entre 1996 et 2001, M. Dupuis estime que CIMA a donné «sûrement 100 000$» au responsable du financement du PRO, pour une moyenne de 15 000 $ par année.

Quant à savoir qui a décidé de remettre l’équivalent de 2 % des mandats en redevances au parti en place, la mémoire du témoin a flanché. Après les questions répétées de la présidente Charbonneau, M. Dupuis a laissé tomber qu’il était probable qu’il s’agisse de son associé de l’époque, M. Routhier.

Mais une chose est sûre selon M. Dupuis, jamais il n’a envisagé de cesser de payer ces montants qu’il considérait comme «une contribution au PRO» et était convaincu que le maire Vaillancourt était au courant de cette procédure.

«Il n’y a aucune pression qui a été faite sur nous, c’était volontaire!» a-t-il tenu à dire.

Vaillancourt «féru de hockey»

Outre la rondelette somme remise en contributions au parti du maire Vaillancourt, CIMA offrait d’autres «cadeaux» à ses clients dont faisaient partie la Ville de Laval, comme des soirées dans la loge corporative du Centre Bell pour assister à une partie du Canadien de Montréal.

Comme «M. Vaillancourt était un féru de hockey», il y est venu «assez souvent». Des fonctionnaires, notamment d’Hydro-Québec, ont aussi profité de ces gracieusetés. Il était toutefois primordial de ne pas mélanger «le politique avec les fonctionnaires», a précisé M. Dupuis.

Avant d’être vice-président de la firme CIMA , Lucien Dupuis était coactionnaire de sa propre compagnie Dupuis-Routhier-Riel et associés qui a fusionné avec Groupe-conseil LNR dont le président était l’actuel PDG de CIMA , Kazimir Olechnowicz.

Exception à la règle?

En fin d’après-midi, c’était au tour de l’ingénieur Claude Vallée de prendre place à la barre des témoins. L’homme au verbe facile était à l’emploi de la firme Gendron Lefebvre jusqu’en 1990 avant de fonder sa propre entreprise avec son associé et ami Daniel Lefebvre en 1990.

Fait surprenant s’il en est un, M. Vallée a affirmé ne jamais avoir payé de redevance au PRO des Lavallois avant 1996 et avoir tout de même reçu des contrats à Laval.

«On ne nous l’a jamais demandé et on ne l’a pas offert», a-t-il simplement expliqué.

Mais la situation a changé en 1997 quand son associé a décidé de se présenter contre Gilles Vaillancourt à la mairie de Laval. Le maire sortant a fait alors une offre à M. Vallée qu’il connaissait déjà depuis un moment.

M. Vaillancourt lui aurait dit qu’il était «prêt à lui donner 15 %» des honoraires d’ingénierie de la Ville s’il empêchait M. Lefebvre de se présenter ou 13 % s’il se dissociait de lui. Claude Vallée aurait refusé.

«Vous me demandez de le trahir, ça, c’est une chose que je ne peux pas faire», s’est-il rappellé avoir dit.

Claude Vallée a vendu sa société à la firme BPR pour qui il est toutefois demeuré à l’emploi et s’est exilé en Turquie pendant dix ans. Il est aujourd’hui retraité depuis un mois.

 

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