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Maux de tête pour les commerçants

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LAVAL - 

La météo des deux derniers mois a été éprouvante pour les Québécois : neige tardive, temps gris et froid pendait plusieurs jours et fortes précipitations à répétition. Pour plusieurs commerces saisonniers de Laval, c’est un début de saison qui tourne au ralenti, voire au cauchemar.

Environnement Canada a confirmé à l’Agence QMI que les précipitations ont été deux fois plus abondantes que la moyenne.

Le météorologue René Héroux affirme que 140 mm d’eau sont tombés dans la région de Montréal depuis début mai, alors que la normale est de 70 mm. Le record, pour la même période, est 190 mm.

Pour les maraîchers et les cultivateurs, cette situation a amené des retards dans la production et les baisses d’achalandage pour les commerces de vente.

«Nos ventes ont diminué, tout comme l’achalandage, mais nous n’avons pas la culture la plus sensible à l’eau, explique Gabriel Barbe, propriétaire de la cédrière Barbe, à Sainte-Dorothée. La croissance des plants est ralentie et nous avons perdu 20 % de nos jeunes pousses en raison du surplus d’eau, mais le retard peut être comblé avec quelques jours de beau temps.»

Pour les maraîchers l’inconvénient majeur est l’accessibilité aux champs avec la machinerie.

«Le sol étant trop mouillé, on ne peut pas le travailler, planter les semences ou transplanter les pousses amorcées en serre, explique Jean-Yves Lortie, de la ferme Lortie (Auteuil). Nous avons perdu environ 5 à 10 % de notre production estivale, mais c’est dans les normes.»

«Le manque de chaleur entraînera des retards d’au moins une semaine dans la production de maïs sucré, de fraises ou de melon», ajoute Jean-François Legault, de la ferme Au Bien Frais (Saint-François).

Jusqu’à 10 000 $ de perte par jour

Peu de commerces saisonniers estivaux subissent les contrecoups de la mauvaise température autant que les terrains de golf.

«Nous pouvons enregistrer jusqu’à 10 000 $ de pertes par jour, déclare Linda Cardinal, secrétaire exécutive et femme du propriétaire du club de golf Le Cardinal.

En raison de la tempête du 12 avril, nous avons dû ouvrir le 22 avril seulement, alors que nous avions l’habitude d’accueillir les premiers joueurs à la fin du mois de mars, ajoute-t-elle. Chaque journée perdue pour un club de golf ne peut pas être reprise, car le parcours peut recevoir une capacité maximale de joueurs.»

En juin, le golf a déjà été fermé pour trois journées complètes et aux yeux de Linda Cardinal, le printemps 2013 a été un cauchemar jusqu’à maintenant.

«Les annulations s’accumulent dès qu’on annonce un peu de pluie et l’achalandage est à la baisse pour tous nos services, soit le parcours, le restaurant, la terrasse et la boutique.»

Même son de cloche du côté d’André Surprenant, propriétaire du club de golf Saint-François, qui estime son retard à 100 000 $ dans son budget jusqu’à maintenant.

«Pour nous, ce serait mieux si les météorologues annonçaient 45 % de probabilités de beau temps plutôt que 55 % de probabilités de pluie. Ça découragerait moins les golfeurs qui ont des réservations.»

L’entretien du terrain devient alors un défi pour les propriétaires de terrain.

«Il y a beaucoup de glaise sur mon terrain et c’est difficile pour le gazon de tout absorber après une pluie torrentielle, explique M. Surprenant. Ça peut prendre environ deux jours avant que la situation revienne à la normale.»

Trop rapides sur le jardinage

Selon Sophie Éthier, des Serres F.J.C. Lavoie, les plants mis en terre lors de la dernière période d’ensoleillement prolongée, au début du mois de mai, n’ont pas dû bien réagir à cette météo.

«Les clients étaient prêts à planter leurs plants de tomates trop tôt, alors qu’on recommande de le faire vers la Saint-Jean, explique-t-elle. Plusieurs clients sont revenus, car ils avaient perdu leurs plants.»

Pour les plantes de sécheresse, les plantes à feuilles grasses ou du genre sedum, la pluie peut être nocive, selon Mme Éthier.

«Il y a eu une baisse d’achalandage dans nos kiosques de vente. Comme il n’est pas trop tard pour planter nos fleurs et plants de la saison 2013, ce n’est pas dramatique», conclut-elle.

 

Pas trop nocif pour les crèmeries

Quelques journées de pluie peuvent être avantageuses pour les crèmeries. C’est ce qu’affirme Yves Pineault, propriétaire de la crèmerie La Magie des glaces, située à Duvernay.

«Les ventes ont tendance à exploser dès que le soleil revient», explique-t-il.

Cette saison, il a dû fermer deux journées complètes en juin, du jamais vu pour l’entreprise.

«Nous alternons depuis quelque temps entre records de journées faibles et records de journée fortes, mais le tout se maintient, ajoute M. Pineault. Même si la croissance est à plus faible rendement que pour les autres années, il n’y a aucune chance que la saison soit déficitaire.»

 

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