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La lutte est toujours populaire au Québec

LAVAL - 

 

Bien qu'elle ait disparu du petit écran depuis 25 ans, la lutte québécoise n'est pas morte pour autant et ses amateurs demeurent légion. Lundi soir dernier, c'est devant 200 personnes qu'a été lancé le livre Mad dogs, midgets and screw jobs: the untold story of how Montreal shaped the world of wrestling qui retrace l’histoire de ce sport au Québec et l’impact de la province et de Montréal sur cette discipline.

Rédigés par deux passionnés de lutte, Patric Laprade et Bertrand Hébert, les coauteurs oeuvrent depuis les 20 dernières années auprès des fédérations indépendantes de lutte de la province.

Le bouquin relate la naissance de la lutte professionnelle, à la fin des années 1800, nous permet, également, de revivre ses moments de gloire des années 60-70-80 tout en évoquant les talents d'aujourd'hui qui tentent de faire leur place au sein des petites fédérations indépendantes d’ici et d’ailleurs.

En processus de création du livre depuis cinq ans, Bertrand Hébert et Patric Laprade n'ont cessé de faire de découvertes sur l'importance qu'a jouée le Québec, et plus particulièrement Montréal, dans le développement de ce sport-spectacle en Amérique du Nord.

«Ce qui s’est passé dans la lutte professionnelle s’est probablement passé en premier à Montréal. Dans bien des aspects, on peut le constater», affirme Bertrand Hébert.

«Fait fascinant, au début du 20e siècle, le journal La Patrie parlait de lutte presque tous les jours dans ses pages, à un moment où George Kennedy, alors propriétaire du Canadien était aussi promoteur de lutte», dit Patric Laprade.

Les deux auteurs identifient trois moments-clé parmi les périodes charnières qui ont défini la lutte au Québec : la montée d’Yvon Robert, la guerre entre les As de la Lutte et Lutte Grand-Prix et l’arrivée de Lutte Internationale.

Bertrand Hébert et Patric Laprade, qui ont pu compter sur le soutien de Gino Brito et Raymond Rougeau pour la rédaction de leur ouvrage, espèrent maintenant trouver un éditeur pour mettre sur le marché une édition française de leur bouquin. C’est leur souhait le plus cher.

Critiques élogieuses

Le livre fait l’unanimité parmi les gladiateurs, présents et passé, qui l’ont lu. «Les informations sont justes et fidèles à la réalité. Le livre m’a rappelé de beaux souvenirs, je l’ai dévoré», a déclaré Raymond Rougeau.

Pour Ricky Martel, l’ouvrage le satisfait au plus haut point. «Il était temps d’avoir un livre sur la lutte au Québec, qui a connu des années extraordinaires. Elle avait une bonne réputation partout en Amérique du Nord. Le livre rend justice à cette époque.»

Une sommité de la lutte en Amérique du Nord, le journaliste Dave Meltzer a dit avoir adoré le livre et en fait même la recommandation sur son site internet.

Découvertes

Saviez-vous que la famille Rougeau est à l’origine de deux des plus grands personnages de la lutte du 20e siècle? En effet, c’est à Johnny Rougeau que l’on doit la création du célèbre Abdullah The Butcher et à son frère Jacques Sr. qui a inspiré l’idée du lutteur Yvan Koloff.

«C’est mon père qui a pensé à ce personnage de russe. Auparavant il luttait sous le nom de Red McNulty. En 1967, au Japon, c’est à cet endroit qu’il lui a fait la suggestion de se raser le crâne et d’adopter ce caractère soviétique qui a connu ses premières heures de gloire au Québec», souligne Raymond Rougeau, ex-gloire mondiale de la lutte professionnelle.

Le public de Montréal était unique en son genre mentionne celui qui a fait la pluie et le beau temps dans la lutte professionnelle en solo et en équipe avec son frère Jacques Jr. «Mon moment le plus marquant c’est certainement la bataille épique que mon frère Jacques et moi avons livrée aux frères Garvin en 1985. À trois reprises, nous avons attiré plus de 20 000 spectateurs au Forum de Montréal. Je soupçonne, d’ailleurs, que mon problème d’acouphène s’est amorcé à ce moment-là.»

La réputation de Montréal sur la scène internationale de la lutte était établie. «On a été une plaque tournante de ce sport. Montréal c’était reconnu, les plus grandes vedettes du monde se déplaçaient chez nous. On a eu une influence extraordinaire», se rappelle fièrement Gino Brito.

L’avenir de la lutte au Québec

Pourrait-on revoir un jour la lutte québécoise au petit écran? Plusieurs ne veulent pas se faire d’illusions à ce sujet, tandis que d’autres travaillent sur ce projet. C’est le cas, entre autres, de l’animateur et promoteur de la lutte Marc Blondin.

«On cherche un lieu de tournage, nos plans sont sur la table, on travaille très fort en ce sens.»

Raymond Rougeau, de son côté, a indiqué à L'Écho de Laval être intéressé à prendre part à un nouveau chapitre de la lutte québécoise tout dépendant du scénario qui lui sera présenté.

 

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